Le retour des commissaires politiques

Le 30 juillet, le président russe Vladimir Poutine a nommé le général-colonel Andreï Kartapolov à la tête de la nouvelle « Direction militaro-politique centrale des Forces armées » (GVPU). La décision présidentielle est passée largement inaperçue dans la société et les médias. Ce n’est pourtant pas une réorganisation de routine : le nom de cette nouvelle structure en rappelle une autre, la Direction politique centrale des Forces armées de l’URSS (GlavPur), l’institution soviétique responsable de l’encadrement politique et idéologique des troupes. En d’autres termes, les commissaires politiques. C’est cette institution qui s’apprête à faire son retour dans l’armée russe.

 Andreï Kartapolov, à droite, pendant le défilé naval à Saint-Pétersbourg, le 29 juillet. Crédits : kremlin.ru
Andreï Kartapolov, à droite, pendant le défilé naval à Saint-Pétersbourg, le 29 juillet 2018. Crédits : kremlin.ru

L’ordre présidentiel a été signé l’année du centenaire de l’apparition des départements politiques dans l’Armée Rouge. En 1918, les bolcheviks, considérant le tour défavorable que prend pour eux la guerre civile, incorporent dans leurs troupes des « spécialistes militaires », anciens officiers de l’armée impériale dont ils recherchent l’expérience, mais auxquels ils ne font pas confiance. Ils décident alors de leur adjoindre des commissaires chargés de les surveiller et de déjouer la moindre tentative d’activisme contre-révolutionnaire de leur part. Leur autorité politique est parfois doublée d’une autorité militaire.

Entre pragmatisme et paranoïa

En 1942, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’URSS vacille, le corps des commissaires politiques, jugés inefficaces et même dangereux pour l’unité de la chaîne de commandement, est dissous. Réactivé après la victoire sur l'Allemagne nazie, et jusqu’à l’effondrement de l’Union soviétique, le GlavPur est l’une des institutions les plus conservatrices du pays.

Sous Staline, pourtant, les officiers soviétiques sont entièrement dévoués au pouvoir. Ils se montrent d’une loyauté sans faille à son égard. Qu'importe : pour justifier leur existence,

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Alexandre Golts

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