Piotr Sarandinaki : « Les restes de la famille Romanov sont authentiques »

Le 17 juillet prochain marquera le centenaire de la mort du dernier tsar de Russie, Nicolas II, et des membres de sa famille : la tsarine Alexandra Feodorovna, le tsarévitch Alexis et les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Marie et Anastasia.

La famille impériale a été assassinée avec ses serviteurs : la femme de chambre Anna Demidova, le docteur Evgueni Botkine, le cuisinier Ivan Kharitonov et le valet Aloïs Trupp. Les bolcheviks les ont exécutés dans le sous-sol de la maison Ipatiev, à Ekaterinbourg, avant de transporter les corps dans la forêt, où ils ont tenté de les brûler entièrement. Ce qui restait des dépouilles a finalement été enterré, près d’un sentier de campagne. Plus tard, le tsar, les membres de sa famille et de sa suite ont été canonisés, dans un premier temps par l’Église orthodoxe russe hors frontières, en 1981, puis, en 2000, par le Patriarcat de Moscou. Le citoyen américain d’origine russe et capitaine au long cours Piotr Sarandinaki descend de plusieurs grandes lignées princières russes, tels les Narychkine et les Tolstoï ; il est aussi un descendant direct du général en chef russe Mikhaïl Koutouzov. Il revient pour Le Courrier de Russie sur l’histoire de sa famille et la façon dont elle l’a conduit à rechercher les restes des Romanov, une quête à laquelle il se consacre depuis vingt ans.

Le Courrier de Russie : Comment l’histoire de votre famille est-elle liée à celle des Romanov ?

Piotr Sarandinaki : Jusqu’à la Première Guerre mondiale, mon arrière-grand-père, le général-lieutenant Sergueï Nikolaïevitch Rozanov, a habité Penza (600 km au sud de Moscou, ndlr), où vivait aussi Nikolaï Sokolov qui a, par la suite, dirigé l’enquête sur le massacre des Romanov. Ils étaient amis, allaient chasser ensemble… Juste après la révolution, mon arrière-grand-père rejoint l’Armée rouge, tout en collaborant secrètement avec le général blanc Alexandre Koutiepov pour tenter de créer un front de résistance en Sibérie, avec l’aide de sa fille, Anna – ma grand-mère – et de Sokolov. Ma grand-mère se fait embaucher comme femme de ménage à la Loubianka, le siège de la Tcheka, la police politique. Elle lave le linge des officiers prisonniers, qui lui font passer des messages sur les généraux blancs risquant d’être arrêtés, afin de leur donner le temps de fuir. Ensuite, Sokolov les envoie tous deux rejoindre les armées blanches en Sibérie.

Mais peu après, mon arrière-grand-père apprend qu’il va lui-même être arrêté, et doit s’enfuir. A l’époque, la mère de sa femme, la baronne von Rosen, est très malade, et la famille de mon aïeul reste quelque temps avec elle à Penza. Mais la baronne décide de mettre fin à ses jours, pour permettre à ses proches de quitter le pays.

« C’est l’aide de camp Cyrille Narychkine qui entre le premier dans le sous-sol où a eu lieu le massacre.

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Propos recueillis par Dmitri Zlodorev