Le pays des palissades

En Russie, palissades et clôtures hermétiques fleurissent depuis quelques années autour des maisons et propriétés. Les Russes ont-ils quelque chose à cacher ? Veulent-ils simplement être tranquilles, à l’abri des regards ? Le Courrier de Russie a tenté de risquer un œil par quelques fentes.

Les Villarreal, une famille mexicaine venue en Russie pour la Coupe du monde de football, se promènent dans le centre de Moscou. Roberto et Maria Luisa Villarreal sont à la recherche d’un terrain de jeux pour leurs deux enfants, Carlos et Lucia. Ils doivent toutefois s’y reprendre à trois fois avant de trouver un jardin d’enfants qui ne soit pas entouré d’une palissade infranchissable.

« J’ai pu constater que les clôtures étaient omniprésentes en Russie, commente Roberto Villarreal. Nous avons séjourné à Saransk, Nijni-Novgorod et Volgograd, or dans chacune de ces villes on trouve une multitude de palissades. Pour nous, elles font partie du paysage russe. »

Les clôtures hermétiques sont effectivement devenues un trait distinctif de la Russie. De décennie en décennie, elles deviennent de plus en plus hautes et impénétrables. À la campagne, les datchas en sont entourées. Dans les grandes villes, les terrains attenants aux immeubles, sont également encerclés de grilles métalliques équipées de barrières automatiques. De l’administration présidentielle à la moindre école secondaire, les établissements publics ont, eux aussi, droit à leur clôture. Sans oublier les lieux les plus métaphysiques de Russie : les églises, les monastères et les cimetières.

« Je n’ai pas envie que les passants nous voient. »

« Pourquoi aurais-je envie que quelqu’un voie ce qui se passe chez moi ? », interroge Sergueï Stroganov, militaire retraité de 58 ans et propriétaire d’un terrain dans le nord de la région de Moscou. Il y a cinq ans, sa parcelle de 600 m² était entourée d’un grillage métallique, un standard à l’époque soviétique. […]

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Anton Razmakhnine