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Ekaterina Schulmann : « La réforme des retraites casse le mode de vie des Russes »

La réforme des retraites a été annoncée le 14 juin, soit le jour de l’ouverture de la Coupe du monde, par le Premier ministre, Dmitri Medvedev. Il semble que les autorités aient choisi cette date afin que le plus grand événement sportif du monde éclipse la nouvelle. Toujours est-il que l’annonce de la réforme a été très mal accueillie par la société russe. Explications avec la politologue Ekaterina Schulmann.

Le Courrier de Russie : Pourquoi la réforme des retraites suscite-t-elle une telle polémique ?

Ekaterina Schulmann : Le gouvernement russe n’avait pas modifié l’âge de la retraite depuis 90 ans. La dernière fois remonte aux années 1930. 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes, ce sont des âges ancrés dans la conscience collective. Toute la vie familiale russe s’est construite autour d’eux : une fois à la retraite, les grands-parents aident leur fille ou leur fils en s’occupant des petits-enfants pour que les parents puissent travailler. Au fond, le report de l’âge de départ à la retraite casse le mode de vie des familles russes.

Par ailleurs, selon les statistiques, 60 % des personnes ayant atteint l’âge de la retraite continuent de travailler. Autrement dit, après 55-60 ans, une aide matérielle, certes peu élevée, s’ajoute à leur salaire. Un salaire et une pension modestes permettent aux personnes âgées de survivre, par exemple en couvrant les frais de médicaments, en particulier dans les petites agglomérations. La disparition de ce complément de revenu est perçue comme une menace.

« La génération née dans les années 1990 devra subvenir aux besoins d’un grand nombre de retraités de la génération des années 1950. »

LCDR : Pourquoi les autorités ont-elles décidé d’effectuer cette réforme ? […]

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Propos recueillis par Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Sexe à la russe

Depuis deux ans, le nombre de cours d’éducation sexuelle pour adultes augmente en Russie, tandis que les sex shops affichent une croissance stable de leurs ventes (179 millions de dollars en 2018, contre 134 millions en 2016). Le sexe et tout ce qui l’entoure échapperaient-ils aux dogmes rigides de l’Église orthodoxe, dont l’influence ne cesse de grandir ? Entretien avec Elena Rydkina, sexothérapeute et cofondatrice du projet éducatif Sexprosvet.LCDR : On entend souvent qu’en Union soviétique, « le sexe n’existait pas ». À quel point cette boutade reflète-t-elle la réalité ? Le sexe était-il effectivement tabou à l’époque ?Elena Rydkina : La réalité était plus nuancée. En URSS, certaines couches de la population, plus évoluées et plus libres, en parlaient plus que d’autres. Mais, de manière générale, ce thème était tabou. Si certains films contenaient parfois des scènes d’amour, les personnages y étaient représentés autrement qu’en Occident : ils apparaissaient dépourvus de toute sensualité, les corps étaient désérotisés. Par ailleurs, en URSS, les pratiques sexuelles étaient beaucoup moins variées.La situation a commencé à changer à la fin des années 1980. On doit en grande partie cette évolution au sociologue et sexologue Igor Kon, qui a popularisé la sexologie et en a fait une science interdisciplinaire.Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se plaignent du manque d’information de qualité, en russe, sur le sexe et la sexualité.Dans les années 1990, après l’effondrement du pays et de l’idéologie, des supports consacrés au sexe – à visée éducative ou non – sont apparus un peu partout. La demande était colossale ! La société manifestait une curiosité et une ouverture d’esprit étonnantes, notamment à l’égard des minorités sexuelles. On retrouve le phénomène dans la culture populaire et le show business. Souvenons-nous par exemple du groupe t.A.T.u., dont les chansons ont conquis le monde entier au début des années 2000. L’une d’elles évoque l’attirance sexuelle entre deux adolescentes : « Je deviens folle, j’ai besoin d’elle… » Ce genre de paroles et les jeux scéniques qui allaient avec étaient impensables à l’époque soviétique.Cette révolution s’explique par la brusque ouverture de la société russe à l’Occident après des décennies d’isolement. Elle s’est en outre caractérisée par une absence de sens critique dans sa tentative d’imiter la culture et la sous-culture occidentales. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 avril 2019
Économie

Djoubga-Sotchi :
Une route qui vaut de l’or

Il y a six mois, lorsque la presse révélait un projet d’autoroute entre Djoubga et Sotchi, le long du littoral de la mer Noire, le coût pharamineux du chantier (près de 22 milliards d’euros) avait laissé perplexes nombre d’observateurs. Aujourd’hui, les choses se précisent : la « route qui vaut de l’or » pourrait bien voir le jour. La maîtrise d’œuvre devrait revenir à un proche de Vladimir Poutine…La route A-147, qui relie actuellement la station balnéaire de Djoubga à celle de Sotchi, dans le sud de la Russie, est une des plus fréquentées du pays : huit millions de véhicules l’empruntent chaque année. Deux voies seulement, un tracé sinueux le long de la falaise, un revêtement en mauvais état, des passages étroits, une vitesse réduite… : le dernier tronçon de l’axe Moscou-Sotchi est le cauchemar des automobilistes. Le trajet de 170 kilomètres peut prendre entre quatre heures et une journée, selon la circulation, les travaux et les accidents, très fréquents.Carte de la mer Noire. Crédit : AmiraliuEn septembre 2018, le quotidien Vedomosti révélait que le Kremlin soutenait un projet confidentiel d’autoroute entre les deux villes côtières. Il s’agissait de remplacer la petite route de montagne par une autoroute à quatre voies, longue de 120 kilomètres et limitée à 120 km/h. La facture était alors évaluée à près de 1 600 milliards de roubles (22 milliards d’euros).Moins cher et plus courtLe journal dévoile aujourd’hui de nouveaux détails. À la fin de 2018, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

1 avril 2019
Économie

Ukraine : une croissance économique sous influence politique

À la veille du premier tour de l’élection présidentielle ukrainienne, qui se tiendra le dimanche 31 mars, dans quel état se trouve l’économie du pays ? Depuis deux ans, selon les chiffres officiels, l’Ukraine affiche un taux de croissance modeste – mais supérieur à celui de la France –, entre 3 et 3,5 %. Cependant, le PIB national demeure deux fois inférieur aux indices de 2013…Selon une étude du cabinet ukrainien indépendant Research&Branding Group, près de 92 % des Ukrainiens déclarent devoir en permanence « se serrer la ceinture », et seuls 3 % affirment « dépenser sans compter ». Les sondés avouent réduire leurs dépenses, depuis cinq ans, sur absolument toutes les catégories de produits et services : loisirs et vacances (près de 50 %), nourriture (40 %), eau et énergie (37 %), santé (30 %), transports (20 %).Ces chiffres n’ont rien d’étonnant. Selon l’institut national de statistique d’Ukraine, en 2018, 40 % de la population touchait moins de 3 700 hryvnias (120 euros) par mois.Développement à créditAu demeurant, les ménages ne sont pas les seuls à tirer le diable par la queue : l’État n’est pas épargné. Le ministère ukrainien des Finances fait état d’un déficit budgétaire de 452 millions d’euros pour janvier-février 2019, sachant que les dépenses budgétaires, sur ces deux mois, se sont élevées à 4,5 milliards d’euros, soit une hausse de 22,3 % par rapport à la même période de 2018.En 2013, le PIB ukrainien s’élevait à 162,1 milliards d’euros, contre seulement 99,25 milliards d’euros à la fin de 2017.Ces chiffres ne semblent toutefois pas entamer la confiance des grandes institutions financières internationales, qui continuent de porter le pays à bout de bras. Ainsi, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et l’Union européenne (UE) viennent-elles d’ouvrir un nouveau programme de soutien aux PME ukrainiennes, d’un montant total de 60 millions d’euros. Les entreprises pourront, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

26 mars 2019

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