Le Courrier de Russie

Londongrad : le pays des oligarques désenchantés

Alors que la National Crime Agency britannique enquête sur les sources de revenus de cent quarante résidents étrangers, dont une majorité pourraient être des Russes, le Royaume-Uni vient de refuser de prolonger le visa d’affaires du propriétaire du club de football de Chelsea, le milliardaire Roman Abramovitch. Pourtant, un autre oligarque russe, Boris Mintz, vient d’annoncer qu’il s’installait définitivement dans la capitale britannique. Qu’est-ce qui motive cet exil, et que dit-il de l’avenir des fortunes russes à Londres ?

Depuis dix à quinze ans, la capitale britannique est le refuge privilégié de nombreux oligarques et opposants russes, au point d’avoir mérité le surnom de « Londongrad ». Mais une série d’événements récents laissent penser que cette situation pourrait changer.

Alors que la tension est au plus haut entre Londres et Moscou depuis la tentative d’empoisonnement à Salisbury de l’ancien agent double Sergueï Skripal, la justice britannique se dote de plus en plus de moyens pour lutter contre le blanchiment d’argent sale – notamment d’origine russe – dans l’immobilier.

Enfin, le propriétaire du club de football londonien de Chelsea, Roman Abramovitch, vient de se voir refuser la prolongation de son visa d’affaires, une décision liée, selon la presse britannique, à une vaste enquête lancée contre cent quarante résidents étrangers, qualifiés de « représentants de l’élite corrompue ».

« Vladimir Poutine invite les entrepreneurs russes à rapatrier leurs actifs. »

En février dernier, juste après l’entrée en vigueur au Royaume-Uni d’une loi portant « sur l’origine des richesses inexpliquées », […]