fbpx

Forbes Russia dans la tourmente

Forbes Russia est un des médias les plus respectés et les plus cités en Russie et dans le monde. Ses classements réguliers des hommes d’affaires les plus riches du pays ont notamment servi au Trésor américain pour établir sa liste de sanctions. Mais aujourd’hui, le magazine économique de référence a des ennuis. Alors qu’un scandale entoure le récent renvoi de son rédacteur en chef, on le dit au bord de la faillite. D’où viennent ces difficultés, et menacent-elles l’avenir de Forbes Russia ?

Renvoi pour « absences injustifiées »

Le 9 juin 2018, une nouvelle ébranle le monde de la presse russe : le rédacteur en chef de Forbes Russia, Nikolaï Ouskov, vient d’être renvoyé par le nouveau propriétaire de l’édition russe de la célèbre revue, Alexandre Fedotov. Ce dernier lui reproche des « absences injustifiées », qui constituent une « infraction au règlement intérieur de l’entreprise ». Nikolaï Ouskov, de son côté, dénonce une décision illégale, qu’il attribue à un « conflit de personnes » avec Alexandre Fedotov.

« Selon Nikolaï Ouskov, l’entreprise Forbes Media, propriétaire de la marque Forbes, inquiétée par le scandale, envisage de priver l’édition russe de sa licence »

« La rédaction est victime de pressions [de la part d’Alexandre Fedotov, ndlr], des articles sont retirés et d’autres publiés sur ordre personnel du propriétaire », affirme Nikolaï Ouskov sur sa page Facebook, précisant qu’il compte contester son renvoi en justice et donner à toute l’affaire une résonance médiatique maximale. Il a d’ailleurs « refusé une compensation très généreuse [au moment de son renvoi], de dix fois [s]on salaire », soit environ cent mille dollars, en échange de son silence sur ces méthodes, poursuit-il.

Selon le quotidien russe Vedomosti, les deux hommes étaient en conflit depuis longtemps. Nikolaï Ouskov serait parvenu, dans un premier temps, à empêcher Alexandre Fedotov d’intervenir dans la politique éditoriale, mais leurs relations se seraient envenimées au cours de l’automne 2016, où Forbes a publié un classement des dirigeants d’entreprise les mieux payés de Russie. D’après les sources de Vedomosti, le propriétaire aurait obtenu que soit retirée de l’article la mention du salaire annuel du directeur de la banque publique VTB, Andreï Kostine. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Sergueï Gouriev, l’économiste qui échappe au Kremlin

Ancien recteur de l’École d’économie de Moscou, Sergueï Gouriev est le premier Russe à occuper (depuis 2015) le poste prestigieux de chef économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En 2013, il avait fui la Russie pour la France, de crainte d’être poursuivi dans le cadre de l’affaire Ioukos.* Alors qu’il devrait bientôt quitter ses fonctions à la BERD, certains commentateurs annoncent son prochain retour au pays…La décision de Sergueï Gouriev de quitter la BERD marque un nouveau tournant dans la vie de l’économiste. Le premier a lieu en 2013, quand, alors à l’apogée de sa carrière, il est contraint de quitter en hâte la Russie ainsi que ses fonctions de recteur de la Haute École russe d’économie.Son départ est dû aux accusations portées contre lui par les autorités russes et à ses craintes d’être poursuivi en justice dans le cadre de l’affaire Ioukos. A l’époque, Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev, copropriétaires de la compagnie pétrolière, ont déjà été condamnés pour malversation financière et purgent de lourdes peines de prison. L’entreprise est, quant à elle, liquidée et mise en vente. Plus tard, le géant public Rosneft rachètera la majorité des actifs de Ioukos.L’« affaire des experts de Ioukos »En 2011, sous la présidence de Dmitri Medvedev, le Conseil présidentiel pour les droits de l’homme met sur pied une commission d’experts concernant l’affaire Ioukos, à laquelle participent des juristes et des économistes russes et étrangers. La commission, dont fait partie Sergueï Gouriev, parvient à la conclusion que de graves violations ont été commises en 2005, lors de la seconde procédure pénale, initiée contre les cadres dirigeants de l’entreprise. Alors que l’on s’achemine vers l’annulation des verdicts prononcés à leur encontre, le Comité d’enquête russe annonce soudain qu’il soupçonne certains experts réunis au sein du Conseil présidentiel d’avoir touché de l’argent de Mikhaïl Khodorkovski entre 2003 et 2004. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 janvier 2019
Économie

Oleg Deripaska : La bataille du « roi de l’aluminium » contre les sanctions

L’année 2018 n’a pas été sans embûches pour le magnat russe de l’aluminium Oleg Deripaska. En avril, ses entreprises se voient fermer l’accès à l’ensemble du marché américain, et leurs actions dégringolent sur les bourses mondiales. L’homme d’affaires lui-même est l’objet de sanctions individuelles. Pourtant, 2019 pourrait se révéler plus clémente : à la surprise générale, en décembre dernier, le département du Trésor américain a annoncé une levée prochaine des restrictions sur les entreprises de Deripaska…Oleg Deripaska se souviendra longtemps du 6 avril 2018. Ce jour-là, le département du Trésor des États-Unis publie ce que la presse mondiale nomme rapidement le « rapport Kremlin » : une nouvelle liste noire de hauts fonctionnaires, d’hommes d’affaires et d’entreprises russes proches du Kremlin, placés sous sanctions. L’oligarque en fait partie.C’est un coup dur pour l’empire Deripaska, constitué notamment des géants de l’aluminium, Rusal, et de l’Énergie, Eurosibenergo, ainsi que de la holding En+ Group, qui réunit les intérêts du milliardaire dans l’aluminium et l’hydroélectricité. Les avoirs détenus par ces entreprises aux États-Unis sont gelés, et ces dernières se voient interdire toute transaction dans le pays. Autrement dit, le marché américain est alors totalement fermé au « roi de l’aluminium ».Le « plan Barker »Par peur des sanctions américaines dites « secondaires », de nombreux partenaires étrangers de l’oligarque préfèrent rompre toute collaboration avec lui. Les actions de ses entreprises s’effondrent littéralement sur les marchés boursiers. En une seule journée, le 9 avril 2018, Oleg Deripaska perd 1,3 milliard de dollars. Sa fortune, estimée à 6,7 milliards de dollars avant l’introduction des sanctions, s’est déjà réduite de moitié au mois d’août, selon le Trésor américain. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Oleg Deripaska. Crédit : Wikimedia14 janvier 2019
International

« Gilets jaunes » : la piste russe dans l’impasse

Les services secrets russes sont-ils derrière le mouvement des « Gilets jaunes » ? Si une enquête officielle a été lancée en France, en Russie, la question agace. Le 8 décembre dernier, sur les Champs-Elysées, à Paris, deux « gilets jaunes » déploient le drapeau noir-bleu-rouge de la république autoproclamée de Donetsk. La photo des manifestants est aussitôt publiée sur la chaîne Telegram pro-Kremlin WarGonzo, avant d’être reprise sur un certain nombre de comptes Facebook et Twitter. Pour de nombreux internautes, c’est la preuve de la présence de Moscou derrière le mouvement. Cette théorie complotiste est notamment relayée par les Services de sécurité ukrainiens (SBU). Le 9 décembre, sur leur page Facebook, ils publient la photo, accompagnée d’un long commentaire mettant en garde les pays européens contre l’ingérence russe dans leurs affaires intérieures : « Le Kremlin emploie des méthodes abjectes afin de déstabiliser l’Europe, qu’il considère comme une menace. Depuis plusieurs années, Moscou tente ainsi de manipuler les mouvements sociopolitiques radicaux de différents pays », accuse le directeur du SBU, Vassyl Hrytsak. « Comme l’écrivait Vladimir Maïakovski : si les étoiles s’allument, c’est que cela sert à quelqu’un. » Dans le même temps, des médias anglo-saxons comme le Times ou l’agence Bloomberg évoquent une possible ingérence de Moscou dans le mouvement. Pour eux, entre 200 et 600 comptes Twitter liés à la Russie utiliseraient le mot-clé #giletsjaunes. Selon une étude de l’entreprise américaine New Knowledge, spécialisée dans la cybersécurité, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 décembre 2018

Vous êtes actuellement hors ligne