« La défense des plus démunis devrait être la première mission de l’Église »

L’ampleur avec laquelle le pays célèbre les fêtes religieuses ces dernières années témoigne de la place grandissante et de l’influence croissante de l’Église orthodoxe russe en tant qu’institution sociale. Comment l’Église en est-elle venue à assumer ce rôle et à quels défis est-elle confrontée ? Le Courrier de Russie s’est entretenu avec le protodiacre Andreï Kouraïev, théologien et philosophe.LCDR : L’effondrement de l’URSS et de son athéisme idéologique remonte à plus d’un quart de siècle. Mais l’influence croissante de l’Église orthodoxe russe dans la vie publique n’est perceptible que depuis une quinzaine d’années. Comment expliquez-vous ce décalage ?Andreï Kouraïev : C’est notamment parce que le pouvoir et une certaine partie de la société ont fait un « calcul » : dans le contexte de crise identitaire qui a suivi la dislocation de l’URSS, ils ont estimé que seule l’orthodoxie pouvait devenir la nouvelle idéologie officielle. Et l’Église a volontiers accepté de jouer le jeu, oubliant que sa mission en tant qu’institution sociale était quelque peu différente des objectifs idéologiques, des appétits et des rêves de l’État.
« À la différence du Tsar de toutes les Russies, le président de la Fédération n’a pas à prendre en charge la prospérité de l’Église »
LCDR : Vous n’êtes pas d’accord avec la façon dont l’Église comprend sa mission aujourd’hui ?

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Propos recueillis par Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Affaire Baring Vostok :
« Le problème, c’est le manque d’indépendance de la justice »

Le 9 juillet dernier, le tribunal Basmanny de Moscou a prolongé de trois mois la détention provisoire du Français Philippe Delpal, arrêté en février pour escroquerie dans l’affaire Baring Vostok. La décision inquiète le défenseur des droits des entrepreneurs Alexandre Khouroudji.

 

7 août 2019

Ménages russes :
Un endettement bienvenu

L’endettement des Russes va croissant depuis deux ans. En 2018, quelque 15 millions de personnes, soit un emprunteur sur trois, avaient au moins trois crédits en cours de remboursement, soit 12 % de plus que l’année précédente. Le ministre de l’Économie, Maxime Orechkine, tire la sonnette d’alarme.

 

1 août 2019

Protectionnisme :
Les amateurs de vin passent à la caisse

Le 17 juillet, la Douma d’État (la chambre basse du parlement russe) a adopté en première lecture une proposition de loi augmentant la taxation du vin à partir de janvier 2020. La taxe passera de 18 à 31 roubles (de 0,25 à 0,44 euro) par litre de vin tranquille, et de 36 à 40 roubles (de 0,51 à 0,57 euro) par litre de vin pétillant.

 

30 juillet 2019