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L’Extrême-Orient malade de son charbon

Le port de Nakhodka se situe dans la région du Primorié, au bord de la mer du Japon. Dans la seconde moitié du siècle dernier, ses marins partaient pêcher dans tous les océans de la planète. Dans les années 1990 et 2000, la ville a assisté à l’effondrement de ses secteurs de la pêche et de la construction navale et à l’émergence de l’industrie du charbon. À Nakhodka, on n’extrait pas le charbon, on le réceptionne et on l’expédie : le charbon est envoyé par bateau vers les pays de l’Asie du Sud-Est. Le transbordement se faisant à ciel ouvert, les poussières de charbon volent vers la mer et restent dans l’air, provoquant une pollution environnementale et des maladies pulmonaires. La population lutte contre les entreprises de charbon pour son droit à la santé et à un air pur, sans succès pour l’instant. Reportage de Takie Dela.Le charbon a fait des habitants du bassin de Kouznetsk (Kouzbass) et de l’Extrême-Orient, deux régions pourtant éloignées l’une de l’autre de 5 000 km, des compagnons d'infortune. Depuis quelques années, les mines souterraines du Kouzbass sont remplacées par des mines à ciel ouvert. Ces trous de plusieurs kilomètres de profondeur qui, vus du ciel, ressemblent à des cratères lunaires permettent d'extraire le charbon à moindre coût mais détruisent l'environnement des villes et des villages. Dans ces régions, lorsqu’une entreprise trouve du charbon non loin de zones d'habitations, elle propose aux résidents de déménager contre indemnisation. La plupart refusent et voient ensuite une mine à ciel ouvert apparaître de l’autre côté de leur clôture.

Kouzbass-Primorié : la « route du charbon »

Le charbon extrait au Kouzbass est transporté vers les ports des régions extrême-orientales de Nakhodka, Khabarovsk et du Primorié pour être ensuite exporté vers la Chine, le Japon et les pays de l’Asie du Sud-Est (Philippines, Malaisie, etc.). Le transbordement du minerai à ciel ouvert est autorisé dans les ports de l’Extrême-Orient, destinés à l'origine au transbordement du bois et du métal et au transport de marchandises dans des conteneurs fermés, soit des chargements ne présentant pas de danger pour l’environnement.Le ministère fédéral du Développement de l’Extrême-Orient présente l’arrivée d’entreprises de charbon et l’intensification du transport comme une source d’investissements et un atout pour la prospérité de la région. Mais la population locale ne voit et ne sent pour l’heure que les poussières du combustible qui lui volent dans les yeux et s’installent dans ses poumons.Depuis deux ou trois ans, les habitants des villes et des villages du Kouzbass et d’Extrême-Orient défendent leur droit à un air et une mer purs.

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Traduit par Maïlis Destrée

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