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Coupe du monde 2018 : « Samara était un bled paumé, aujourd’hui, c’est une vraie ville »

Du 14 juin au 15 juillet prochains, la Russie accueillera la Coupe du monde de football 2018. Les onze villes hôtes se préparent : construction de stades et d’hôtels, aménagements urbains, développement des transports, etc. Samara, sixième ville de Russie, affiche un bilan en demi-teinte : si elle s’est dotée d’un aéroport international et a restauré avec succès une partie de son centre, la construction du stade, entachée de scandales, a pris énormément de retard. Les impressions des habitants à la veille de l’événement, recueillies par la revue culturelle Afisha Daily, sont à l’image de ces contradictions.

Les grands changements

Au lendemain de l’annonce de la sélection de la Russie comme pays hôte, en 2012, le ministre des Sports de l’époque, Vitali Moutko, déclarait que Samara, qui recense 1,2 million d’habitants et 2,5 millions pour l’agglomération, avait « toutes les chances » d’être prête à temps.

En 2013, le maire, Dmitri Azarov, aujourd’hui gouverneur de la région, estimait les investissements nécessaires à 100 milliards de roubles (1,3 milliard d’euros environ), dont il espérait recevoir la moitié du budget fédéral.

La ville a lancé en premier la construction d’un nouveau stade, de 45 000 places, baptisé Samara Arena. Il devra accueillir six matchs : Costa-Rica — Serbie, le 7 juin ; Danemark — Australie, le 21 juin ; Uruguay — Russie, le 25 juin ; Sénégal — Colombie, le 28 juin ; ainsi qu’un match de huitième de finale, le 2 juillet, et un match de quart, le 7 juillet.

La mairie s’est également concentrée sur les transports. Elle a acheté des autobus et des tramways à plancher surbaissé, récupéré une partie des rames du métro de Moscou et promet une nouvelle ligne de tramway « express » jusqu’au stade. Dix lignes de bus supplémentaires doivent être ouvertes pendant le championnat, et cinq véhicules électriques spéciaux mis à disposition des supporters à mobilité réduite.

Afin d’assurer la sécurité autour du stade les jours de match, la Ville prévoit de faire appel à des patrouilles cosaques, dotées d’un budget spécial d’1,1 million de roubles (environ 15 000 euros). Par ailleurs, pendant toute la durée de l’événement et dans toute la région, la chasse sera interdite et… les armureries, stands et terrains de tir fermés.

Sur le statut de ville-hôte

Konstantin Akmaev, employé d’une agence de voyages

« En termes d’offre culturelle, Samara n’a rien à envier aux autres villes russes équivalentes »

« Si l’on compare les dix années qui précèdent l’annonce de la sélection de Samara à celles qui se sont écoulées depuis, le progrès est spectaculaire. En revanche, sur toutes les promesses de la mairie, moins de la moitié ont été tenues. Je citerai, avant tout, la modernisation de l’aéroport et la construction d’un nouveau terminal. Ce qui était une aérogare miteuse, héritée de l’URSS et totalement inadaptée à une ville de cette taille, […]

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Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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