Sur la rive pittoresque de la Moskova, juste en face de Kolomenskoye, à 10 km du Kremlin, se trouve un magnifique parc et une immense décharge illégale de déchets ménagers.

La Russie malade de ses déchets

À peine l’élection présidentielle s’était-elle achevée en Russie qu’un scandale éclatait dans la petite ville de Volokolamsk (à 120 km de Moscou), où 57 enfants se retrouvaient à l’hôpital, présentant des signes d’empoisonnement (nausées, maux de tête, troubles de l’orientation). Raison supposée : des émanations de gaz en provenance du centre de déversement de déchets de Iadrovo, situé à seulement 4 km des écoles primaires et secondaires de l’agglomération. Le problème du traitement des déchets en Russie, soulevé depuis longtemps par les experts, resurgit avec une acuité toute particulière.

Le 21 mars, entre 800 et 1 200 habitants de Volokolamsk se sont rassemblés spontanément devant l’hôpital municipal. Les manifestants en colère ont presque agressé le responsable du district, Evgueni Gavrilov (lui arrachant ses lunettes et déchirant son blouson), ils ont lancé des boules de neige sur le gouverneur de la région, Andreï Vorobiev, et tenté de bloquer l’entrée de la déchetterie de Iadrovo. Les autorités régionales ont interdit l’accès au site et promis d’aider financièrement les familles touchées en envoyant leurs enfants se faire soigner et se reposer dans des centres spécialisés. La région a aussi fait savoir qu’une entreprise hollandaise viendrait, en urgence, se charger de la décontamination de la décharge.

Le pays produit chaque année environ 60 millions de tonnes de déchets ménagers solides, dont 20 % à Moscou (7,9 millions de tonnes). La capitale en entrepose plus de 90 % dans ses banlieues, […]

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Anton Ramov

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Élections municipales : Sergueï Sobianine, le Kremlin en ligne de mire

L’élection du maire de Moscou aura lieu le 9 septembre. Pour la Russie, il s’agit toujours d’un événement politique important, le premier magistrat de la ville est en effet un candidat potentiel à la présidence du pays. Sans surprise, le grand favori est le maire sortant, Sergueï Sobianine. Ancien élu de Tioumen, capitale pétrolière de la Fédération, et ex-chef de l’administration présidentielle, il n’a pas de concurrents sérieux. Avec ses 12,5 millions d’habitants, Moscou est la plus grande agglomération de Russie et d’Europe. À la différence du scrutin de 2013, marqué par la participation du candidat de l’opposition Alexeï Navalny (27 % des voix), la prochaine élection du maire de Moscou n’offre pas de suspens. Contrairement à 2013, aucun candidat susceptible de faire un tant soit peu concurrence au maire sortant ne se présente. Andreï Klytchkov, jeune chef de file charismatique et ambitieux du parti communiste à la Douma de la ville de Moscou, que tout le monde voyait déjà candidat, a été nommé gouverneur de la région d’Orel (avec laquelle il n’a pourtant aucun lien). Les candidats de l’opposition libérale, tels Dmitri Goudkov et Ilya Iachine, ont rapidement été écartés : selon la commission électorale, le premier n’a pas fourni tous les documents nécessaires, tandis que le second n’a pas été en mesure de recueillir suffisamment de signatures auprès des députés municipaux, dont la majorité appartient ou est proche du parti au pouvoir Russie unie. Le parti de l’opposition Iabloko n’a pas présenté de candidat en raison de dissensions internes. La crainte d’une abstention massive Selon le dernier sondage du Centre russe d’étude de l’opinion publique (VTsIOM), […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 septembre 2018
Opinions

Investiture: Poutine ne doit plus être le président d’une « forteresse assiégée »

L’investiture du président Poutine aura lieu le 7 mai. Ce sera pour lui la quatrième cérémonie de ce type, après 2000, 2004 et 2012. Il y a six ans, celle-ci s’était accompagnée de troubles importants : la veille, le 6 mai, au cours d’une manifestation autorisée sur la place Bolotnaïa, à Moscou, à laquelle l’opposition avait donné le nom de « Marche des millions », plus de quatre cents personnes avaient été appréhendées, dont trente s’étaient retrouvées envoyées devant la justice pénale. Il est certain que pareils incidents ne se reproduiront pas cette fois. Comment l’expliquer et en quoi ce nouveau mandat de Vladimir Poutine se distingue-t-il du précédent ? Le troisième mandat de Vladimir Poutine (2012-2018) a multiplié les surprises. Il commence par une petite récession économique (ralentissement de la croissance du PIB, qui passe d’1,8% en 2013 à 0,7% en 2014) et s’achève sur une crise économique de grande ampleur et un appauvrissement massif de la population. En 2017, le Service fédéral des statistiques (Rosstat) fait état de 22 millions de pauvres en Russie, soit 15% de la population. 2014 : le succès des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi est suivi de la crise en Ukraine, avec les événements de Crimée, la guerre dans le Donbass et la confrontation avec l’Occident en raison des sanctions adoptées contre la Russie. 2015 : la Russie intervient militairement en Syrie – une opération parfaitement réussie sur le plan militaire (mais un échec au niveau diplomatique), […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 mai 2018
Économie

Les Russes face à la chute du rouble

L’annonce faite, début avril, par les États-Unis d’un nouveau train de sanctions contre 12 entreprises et 24 citoyens russes proches du Kremlin s’est accompagnée d’une dégringolade du rouble face au couple euro-dollar. Ainsi, en une semaine, l’euro est passé de 70 roubles (le 6 avril, jour de l’annonce des sanctions) à 79 roubles, et le dollar de 57 à 63 roubles. Comment la société russe réagit-elle à cette dévaluation de plus de 10 % ? Comme le dit le proverbe, « quand Dieu veut nous punir, Il exauce nos prières ». Le rouble est une monnaie liée aux matières premières, notamment aux hydrocarbures, avec tous les inconvénients que cela comporte. Depuis 2014, le gouvernement russe souhaite réduire le rapport de dépendance entre le cours du rouble et celui pétrole, afin que la devise reste stable en cas de chute du prix du baril. Les autorités ont affirmé à plusieurs reprises que leur priorité était la diversification des recettes budgétaires. Il semblerait que l’objectif ait été partiellement atteint. Le prix du baril se situe aujourd’hui autour des 70 dollars (il était tombé à 35$ en décembre 2015) et son cours est toujours à la hausse. De son côté, le rouble a perdu 12 % de sa valeur face au dollar et à l’euro en quelques jours à peine. Quelles sont les raisons de cette forte dépréciation de la monnaie russe ? L’économie et la finance ne sont pas des sciences exactes, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 avril 2018