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Les supporteurs français rêvent déjà de la Russie. Crédits : Dominik Kuhn - Unsplash

Coupe du monde : les supporteurs français rêvent déjà de la Russie

À quatre mois du début de la Coupe du monde de football, plus de 17 000 supporteurs français se préparent à venir en Russie. Un pays qu’ils connaissent peu mais qu’ils ont hâte de découvrir.

« Moscou, je ne l’ai jamais vue qu’à la télévision. Et je ne connais pas du tout Kazan et Ekaterinbourg. » Didier Baudry, jeune retraité âgé de 56 ans, fait partie des 17 300 supporteurs français qui ont déjà commandé un billet pour assister à l’ensemble des matches de la Coupe du monde. Comme la plupart des membres du groupe Irrésistibles Français, il ne s’est jamais rendu en Russie. L’été prochain, il découvrira, pour la première fois, la place Rouge et le Kremlin.

Ce saut dans l’inconnu ne l’effraie pas : « On va bien se documenter, comme d’habitude. » Avec son association, ils vont être 250 à se rendre en Russie pour encourager l’Équipe de France (EDF), qui affronte l’Australie à Kazan (le 16 juin), le Pérou à Ekaterinbourg (le 21), et le Danemark à Moscou (le 26). Au total, 9 000 Français assisteront aux matches du premier tour des Bleus.

Stade en construction de Saint-Pétersbourg en avril 2016. Crédits : Fifa2018

« Aller en Russie pour ma dernière Coupe du monde, c’est exceptionnel »

Supporteur emblématique tricolore, Clément, surnommé Clément d’Antibes, sera lui aussi du voyage. À 70 ans, cet inconditionnel de l’EDF n’a pas raté une seule de ses rencontres depuis 1982 et totalise 246 matches dans 40 pays. La Russie sera le 41e qu’il visite. Avant le début de la compétition, il effectuera un premier voyage de « repérage » afin d’assister au match amical organisé fin mars, à Saint-Pétersbourg, entre les hommes de Didier Deschamps (le sélectionneur français) et la « Sbornaya », l’équipe nationale russe de foot. « Des amis y sont déjà allés et ils m’ont dit que c’était une ville splendide. J’imagine déjà ces belles églises orthodoxes ! La Russie, c’est aussi le pays de Lev Yachine, l’ancien gardien soviétique Ballon d’Or. J’ai hâte ! »

Pour une trentaine de nuits passées sur place durant la compétition, Clément a prévu un budget global de 3 500 euros. « Le dépaysement, ça n’a pas de prix. Ce pays a un côté tellement mystérieux et fascinant à la fois… pour mon ultime Coupe du monde, c’est exceptionnel de m’y rendre. » Après l’Euro 2016 en France, le retraité avait en effet décidé que la Coupe du monde russe serait sa dernière.

Des démarches administratives simplifiées

Et si certains, comme Sylvain Quirot, 46 ans, président des Supporters Club de France, regrettent « des billets aux prix trop élevés » (environ 90 euros par billet pour les matches de poule), tous sont unanimes pour saluer le travail des organisateurs destiné à l’accueil des supporteurs : « Les démarches administratives sont relativement simples. Grâce à la fan ID (un « passeport » qui permet au supporteur de rentrer en Russie et de se déplacer librement dans le pays tout au long de la compétition) que l’on obtient une fois le billet acheté, il n’y a pas besoin de visa. Et puis, les transports entre les villes organisatrices seront gratuits. C’est très appréciable ! », s’enthousiasme Jean Tolotta, 53 ans, aide-soignant dans un hôpital du Var et nouveau président de la Fédération des associations nationales des supporteurs de l’Équipe de France. Il assistera en Russie à sa cinquième Coupe du monde : « Je suis convaincu que tout va bien se passer. Je pense que la sécurité sera optimale. »

Vladimir Poutine et le trophée de la Coupe du monde de football. Crédits : Kremlin.ru
Vladimir Poutine et le trophée de la Coupe du monde de football. Crédits : Kremlin.ru

Même son de cloche pour Yannick Vianhée, 41 ans, agent de maîtrise dans la fonction publique. Pour le président de la section de Dunkerque de la Fédération des associations de supporteurs, les Russes ont tout intérêt à ce que la fête soit belle. « Ils apprécient beaucoup les Français», assure-t-il. « Certes, l’image de la Russie a été ternie par les révélations sur le système de dopage à grande échelle mis en place durant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi de 2014, mais le dopage est un phénomène mondial » , estime M. Vianhée.

Et les hooligans dans tout ça ? « C’est indéniable : les événements survenus à Marseille durant le championnat d’Europe de football des nations, en 2016, restent dans les mémoires [600 Russes et Anglais s’étaient alors affrontés dans le centre de la cité phocéenne en marge d’une rencontre entre leurs équipes nationales, ndlr]. Mais, j’ai pour habitude de ne pas craindre ces gens-là. Nous voyageons en groupe et nous ne cherchons pas du tout à participer à ces fights organisées. J’imagine aussi que les autorités russes vont tout faire pour éviter les problèmes de ce genre », poursuit le fonctionnaire dunkerquois.

Des autorités qui ont déjà pris des mesures fortes : une liste de plus de 400 personnes, interdites de stade pendant la compétition, a été dressée et certains leaders des principaux groupes de hooligans du pays seront placés en « résidence surveillée » pendant la compétition.

Selon Mikhaïl Degtiariev, président de la Commission des Sports de la Douma [chambre basse du Parlement russe], près d’un million et demi d’amoureux du ballon rond, venus du monde entier, sont attendus en Russie pendant la compétition.

Robin Bjalon

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