La mascotte de la Coupe du monde 2018. Crédits : FIFA

Ekaterinbourg attend l’Équipe de France et espère des retombées économiques du Mondial 2018

La ville de Ekaterinbourg accueillera quatre matchs de la Coupe du Monde, dont celui opposant la France au Pérou le 21 juin prochain. Quelles seront les suites du tournoi pour la capitale de l’Oural ? Pronostics d’experts.

« L’impact économique de la Coupe ne sera pas le même dans toutes les villes hôtes », explique Elena Chakina, directrice du Laboratoire international d’économie à l’École des hautes études en sciences économiques de Saint-Pétersbourg. « S’il devrait être insignifiant à Moscou et Saint-Pétersbourg, il sera bien plus élevé à Kazan, Ekaterinbourg et Samara par exemple, où le tourisme peine à se développer », estime l’experte.

« Lorsqu’en 2010 la Russie a été choisie comme pays organisateur du tournoi, nous avons analysé le bilan des Coupes du Monde de ces vingt dernières années, en particulier celles qui ont eu lieu en Afrique du Sud et au Brésil, rappelle Leonid Rapoport, ministre de l’Éducation physique et des Sports de la région de Ekaterinbourg. Une analyse qui s’est révélée précieuse pour la conception et la construction du stade Ekaterinbourg Arena. Ce dernier pourra accueillir 35 000 spectateurs, conformément aux exigences de la FIFA, […]

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ExpertTraduit par Maïlis Destrée

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Élection 2018 : ce que désirent les Russes : honnêteté, égalité et respect

À la veille de l’élection présidentielle de ce dimanche, la revue Expert a interviewé Vladimir Fedorov, le directeur du Centre panrusse d’étude de l’opinion publique (VTsIOM) : il revient sur la composition du paysage électoral et les désirs de changement des Russes. Extraits. Propos recueillis par Piotr Skorobogaty Au sein de la société russe, qui, concrètement, veut des changements ? Vladimir Fedorov : La société russe est grande et très diverse. Qui veut des changements ? Sûrement pas les retraités qui sont, comme chacun sait, la partie la plus active de l’électorat en Russie. Les jeunes veulent simplement que ça bouge, ils n’ont pas besoin de changements significatifs mais juste de nouveauté. Les Russes d’âge moyen, en revanche, ont un désir de changement bien plus profond, plus étoffé. Et que veulent-ils, ces Russes d’âge moyen ? V.F. : Plus d’argent, plus d’emplois qualifiés et bien payés, un système éducatif plus efficace, parce qu’ils ont généralement déjà des enfants scolarisés. Ils veulent aussi un système de santé de qualité, contemporain. Ils souhaitent moins de corruption, plus de justice, notamment sur les questions fiscales, et l’égalité de tous face à la loi. On le voit : toutes les demandes importantes des Russes concernent l’intérieur, et non les relations internationales, et plutôt la sphère socio-économique que la politique. C’est-à-dire que les gens ne veulent pas davantage de liberté d’expression, des médias indépendants ou la libéralisation des relations avec l’Occident. Ils veulent l’égalité des possibilités : que l’on « partage plus ». « Les Russes ont revu leurs prétentions à la baisse » Donc, ces gens ne sont pas prêts à sacrifier les succès intérieurs sur l’autel des victoires extérieures ? […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

15 mars 2018
Culture

Les 100 chansons préférées des Russes

La revue Expert a sondé ses lecteurs et établi un classement des cent chansons favorites des Russes, couvrant une période qui s’étend du début du XXe siècle à nos jours. La tête de la sélection est dominée par deux thèmes : la Seconde Guerre mondiale et la chute de l’URSS – probablement les deux plus grands bouleversements de l’Histoire russe, deux mémoires en miroir inversé. Un concentré d’âme russe : une poésie puissante et vivante, une philosophie omniprésente, simple et fondamentale, une sagesse toujours humble… Ce fatalisme qui n’est pas renoncement. Le Courrier de Russie vous fait partager l’expérience. Musique ! Les dix premières   1. Nuit noire (1943) Chanson sur la guerre Chanson d’amour Chanson de film/dessin animé Interprète : Mark Bernes Musique : Nikita Bogoslovski Texte : Vladimir Agatov J’ai confiance en toi, ma chère amie Cette confiance m’a protégé des balles dans la nuit noire… Je suis joyeux, je suis tranquille dans le combat mortel, Je sais que tu m’accueilleras avec amour, quoiqu’il m’arrive.Nuit noire, rendue célèbre par l’interprétation de Mark Bernes dans le film Deux combattants, tourné en évacuation à Tachkent en 1943, c’est une mémoire idéale de la Seconde Guerre mondiale en Russie – vraie, profonde, universelle, intemporelle. Ni bravade ostentatoire ni patriotisme artificiel – ici, rien que le courage réel, qui accepte l’inéluctable mais jamais ne subit, rien qu’une foi à toute épreuve, rien que l’humanité précieuse de chacun, sublimée dans le collectif, révélée par l’épreuve. Dans les films datant de la guerre, souvent, seules les scènes de chansons dépassent la propagande idéologique – révélant l’émotion et la fragilité. Et Mark Bernes est un roi du genre, dégageant lui-même ce mélange de force intrépide et d’immense sensibilité. Le public ne s’y est pas trompé : succès retentissant dès la sortie du film, Nuit noire n’a cessé d’être reprise depuis par les artistes les plus variés, de la pop à l’underground – jusqu’au rappeur Basta, à l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire, en 2015.   2. Groupe sanguin (1987) Chanson sur la guerre Chanson philosophique Interprète : Kino Musique : Viktor Tsoï Texte : Viktor Tsoï Et j’ai de quoi payer, mais je ne veux pas D’une victoire à n’importe quel prix. Je ne veux écraser la poitrine de personne sous mon pied. Je voudrais rester avec toi, Simplement rester avec toi, Mais haute dans le ciel, l’étoile m’appelle à prendre la routeViktor Tsoï, c’est l’ange trop pur pour l’ici-bas, le prophète malgré lui au destin tragique – emporté par un accident de voiture à 28 ans. Groupe sanguin, dont le texte reste très hermétique, pourrait évoquer le conflit d’Afghanistan : absurde, tout sauf glorieux, voué à l’échec et à emporter l’URSS dans sa chute – véritable double maléfique de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. Tsoï la chante dans le film Igla (1988), où il tient le rôle principal et qui dépeint, dans les bas-fonds, les ravages de l’héroïne – majoritairement afghane – sur une jeunesse déboussolée. Entre le film et la chanson, une époque se dessine, ô combien sombre et troublée : les grands idéaux sont tournés en ridicule, la cupidité et le cynisme mènent le bal, la débâcle couve. Et pour ne pas sombrer, il reste ce rock soviétique de la fin des années 1980, dont Tsoï est probablement le représentant le plus culte – cette musique consciente que le sol s’effondre sous ses pieds et pourtant pleine de candeur et d’espoir, cette poésie des terrains vagues.   3. Je veux des changements ! (1985) Chanson poétique engagée Chanson philosophique Chanson de film/dessin animé Interprète : Kino Musique : Viktor Tsoï Texte : Viktor Tsoï Nos cœurs exigent des changements Nos yeux exigent des changements Dans notre rire et dans nos larmes Et dans le battement des veines Des changements ! Nous attendons des changements.Viktor Tsoï encore, et le titre qui a fait de lui l’emblème de la perestroïka, un peu contre son gré. Devenue un véritable tube après que Tsoï l’a chantée dans le film Assa (1987), qui réunissait les plus célèbres rockeurs de la décennie, elle a même fini par lasser ses auteurs, qui estimaient qu’elle était mal comprise. Car ces « changements » n’avaient, pour eux, rien de politique – ils étaient profonds, individuels, philosophiques. Surtout, pas plus pour les artistes que pour les foules innombrables de jeunes gens qui reprenaient le refrain avec passion, le changement tant espéré n’était vraiment définissable… En tout cas, il était à mille lieues des réformes économiques libéralo-assassines de l’ère Eltsine. Je veux des changements, c’est une révolte russe trop souvent confondue avec la dissidence –politique, frontale. Une révolte contre tout et tous, contre l’immobilisme, la mesquinerie et l’injustice, une révolte libertaire et poétique rejetant non un régime mais toutes les formes de pouvoir – et en premier lieu les chaînes intérieures.   4. Il nous faut une victoire (Notre dixième bataillon de débarquement) (1970) Chanson sur la guerre Chanson de film/dessin animé Interprète : Nina Ourgant / Boulat Okoudjava Musique : Boulat Okoudjava Texte : Boulat Okoudjava Depuis Koursk et Orel, la guerre nous a menés Jusqu’aux portes ennemies elles-mêmes, frère, c’est comme ça Un jour, nous nous souviendrons de cela Et nous n’y croirons pas Mais pour l’heure, il nous faut une victoire Une pour tous, nous en paierons le prixOkoudjava, c’est le barde. Celui que Vyssotski appelait son « maître spirituel » et celui qui fait le lien entre l’après-guerre et la modernité des années 1980. Fils d’un Géorgien et d’une Arménienne, révolutionnaires convaincus et victimes des purges staliniennes, Boulat Okoudjava, produit soviétique typique s’il en est, a très rapidement dénoncé les excès du communisme sans jamais en renier les idéaux. Le réalisateur de La gare de Biélorussie voulait, pour la chanson de la scène finale, un auteur ayant lui-même connu la guerre. Le film dépeint, vingt ans après la Victoire, la rencontre entre d’anciens compagnons d’armes qui se sont perdus de vue, réunis par la mort de l’un d’eux. Et dans l’époque nouvelle, parmi leurs contemporains plus jeunes, plus légers, malgré leurs chemins très différents et tout ce qui semble les séparer, l’amitié du front, née de l’épreuve, prend le dessus sur toutes les circonstances. L’équipe a dû s’y reprendre plusieurs fois pour tourner cette scène finale : l’actrice, fondant en larmes au milieu de la chanson, était incapable d’aller au bout…   5. Le Jour de la Victoire (1975) Chanson sur la guerre Interprète : Lev Lechtchenko Musique : David Toukhmanov Texte : Vladimir Kharitonov Ce jour de la Victoire Qui sent la poudre C’est une fête Aux tempes grisonnantes C’est une joie Les larmes aux yeuxRejetée par l’Union des compositeurs, qui faisait alors la pluie et le beau temps en termes de politique musicale publique, Le jour de la Victoire, écrite par le poète et ancien combattant Vladimir Kharitonov, aurait dû sombrer dans les archives. Mais Lev Lechtchenko, en trompant gentiment son monde, est parvenu à la chanter lors d’un enregistrement télévisé – et la chanson a conquis le public. Les producteurs, submergés de lettres enthousiastes, ont été contraints de la programmer – encore et encore. Et Le Jour de la Victoire est devenu cet hymne officieux des vétérans, cette chanson avec laquelle – bien qu’écrite trente ans plus tard – tous ceux qui s’en souvenaient avaient l’impression d’avoir gagné la guerre. Peut-être simplement parce qu’elle dit toute la vérité de ce conflit superbe et effroyable : et l’horreur et la perte, et pas une famille qui n’y ait perdu l’un des siens, et les cicatrices douloureuses, irréversibles – et la grandeur et le courage, et la fierté et la gloire, et le sentiment de la cause juste. Ce jour, nous le rapprochions comme nous pouvions…   6. Guerre sacrée (1941) Chanson sur la guerre Interprète : Ensemble Alexandrov (Chœurs de l’Armée rouge) Musique : Alexandre Alexandrov Texte : Vassili Lebedev-Koumatch Comme deux pôles opposés Nous sommes ennemis en tout Nous nous battons pour la lumière et la paix Eux – pour le royaume des ténèbresLève-toi, pays immense ! Que la noble fureur bouillonne comme une vague… Le texte de Guerre sacrée fut publié dans les journaux deux jours après l’invasion allemande de l’Union soviétique, la mélodie composée par le fondateur des Chœurs de l’Armée rouge en un jour – et la chanson jouée dès le 26 juin 1941 en gare de Biélorussie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 janvier 2018
International

« Les sanctions contre la Russie, c’est pour toujours »

Les sanctions contre la Russie ne seront jamais levées, est convaincu Sergueï Karaganov, doyen de la faculté de politique et d’économie mondiale de l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou. Comment le pays peut-il s’adapter à cette nouvelle donne et poursuivre son développement ? Un des experts russes des relations internationales les plus pointus s’explique sur la question. Propos recueillis par Piotr Skorobogaty Expert : Dans le chaos multipolaire que connaît le monde actuel, la possession de l’arme nucléaire n’est-elle pas devenue la seule garantie absolue, pour les États, de protection de leur souveraineté ? Sergueï Karaganov : La multipolarité était un des grands objectifs de la politique russe – seulement, nous avions oublié qu’elle ne constituait pas un système, mais le chaos dans lequel nous nous enfonçons aujourd’hui. Ce nouveau monde multipolaire exige que s’établissent de nouvelles règles, que se créent de nouveaux équilibres des forces – mais ils n’existent pas encore. Nous assistons à l’effondrement de plusieurs systèmes mondiaux. La domination de l’Occident s’achève après cinq-cents ans. L’ordre mondial libéral, qui a régi le monde entre 1990 et 2007, s’écroule. Et effectivement, dans cette situation, quelque paradoxal que cela puisse paraître, l’arme nucléaire devient le principal facteur de stabilisation des relations internationales. Le chaos ambiant et l’absence de dialogue entre les puissances mondiales créent une situation bien plus dangereuse que pendant les années de guerre froide. Le monde est entré dans une période de transition, qui peut durer très longtemps. Si nous y survivons, nous arriverons dans quinze ou vingt ans à un autre système, dans lequel existeront deux grands centres : l’un, eurasiatique – avec une domination de la Chine limitée par la Russie, l’Iran, l’Inde, la Corée du Sud et le Japon – et l’autre, concentré autour des États-Unis. Mais cela, c’est à condition que n’éclate pas entre temps une grande guerre, qui pourrait tout simplement signer la fin de l’Histoire. « L’Europe doit devenir plus dure » Expert : En esquissant ces deux pôles de force futurs, vous n’avez pas parlé de l’Europe… S.K. : A l’heure actuelle, l’Europe ne fait pas figure de centre potentiel du monde à venir, même s’il est évident qu’elle concentre un immense potentiel de ressources humaines et financières. Mais pour redevenir un centre, il faudrait que l’Europe s’échappe de l’ordre qu’elle a elle-même établi. L’ordre européen est un ordre pacifique, un ordre de compromis, un ordre fondé sur le soft power, sur des facteurs de puissance modérés. Mais c’est un ordre qui, malheureusement, n’est pas adapté au monde multipolaire et dur dans lequel nous sommes entrés. En fait, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 novembre 2017