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Russophobie, boycott… la suspension de la Russie des JO vue de Moscou

La Russie ne participera pas aux Jeux olympiques d’hiver 2018 à Pyeongchang, à l’exception de certains athlètes « propres » qui pourront concourir sous drapeau neutre, a tranché le Comité international olympique, mardi 5 décembre. Réactions de personnalités russes du monde du sport et de la politique.

« Pas de blocus »


Vladimir Poutine, président 

« Nous n’allons pas annoncer de quelconque blocus ni empêcher nos sportifs de participer aux Jeux si l’un d’eux veut y participer. »

« Nous savons qu’ils représenteront la Russie »

Arkadi Dvorkovitch, vice-Premier ministre

« Les sportifs qui iront aux JO – et nous savons de qui il s’agit – porteront un uniforme blanc, rouge et bleu. Dans tous les cas, nous savons qu’ils représenteront la Russie. Voilà pourquoi ils doivent y aller. »

« Ne pas laisser libre cours à ses émotions »

Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine

« Nous devons maîtriser nos émotions et analyser attentivement les décisions du CIO concernant notre pays avant de porter un jugement. La Russie doit encore répondre à plusieurs questions, ce qui nécessite des contacts avec le CIO. Nous devons décider qui mènera ces échanges et de quelle manière ainsi qu’éclaircir plusieurs aspects techniques. Avant que ces questions ne soient résolues (…), il est prématuré de tirer de quelconques conclusions. Nous le répétons encore une fois : la situation est grave et elle exige une analyse approfondie. Il ne sert à rien, ici, de laisser libre cours à ses émotions. »

« Cette décision est contradictoire »

Pavel Kolobkov, ministre des sports

« Cette décision est contradictoire. Le développement du sport dans notre pays a toujours été basé sur le combat honnête. Tant que nous n’aurons pas étudié le compte-rendu officiel de la séance de la Commission exécutive du CIO, il est prématuré de commenter plus avant. Mais il s’agit déjà d’une position officielle, et non de simples suppositions. »

« Nous compatissons avec nos sportifs »

Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères

« Nous en avons déjà tellement supporté, au cours de l’histoire, de la part de nos partenaires. Mais rien ne nous fera tomber. Ni la guerre mondiale, ni l’effondrement de l’Union soviétique, ni les sanctions… Nous encaissons et nous survivons.

Le sport russe aurait dû disparaître. Personne dans le monde ne prévoyait la renaissance de la Russie en tant que puissance sportive : notre jeunesse devait finir alcoolique, nos stades, servir à jamais de marchés aux puces, et nos entraîneurs, aller travailler à l’étranger.

Mais rien ne s’est passé comme prévu. Une nouvelle génération de sportifs russes est née, dont les exploits ont enrichi le sport mondial, et la Russie a organisé des JO vraiment remarquables. Le sport est progressivement devenu une idée nationale, incarnée dans des dizaines de milliers de sections et d’écoles, des stades flambant neufs et, simplement, dans le rêve de beaucoup de devenir athlètes.

On essaye constamment de nous convaincre de notre inanité (nullité ?) en tout : mode de vie, culture, histoire, et maintenant le sport.

Est-ce douloureux ? Très. Nous compatissons de tout cœur avec nos sportifs. Survivrons-nous ? Oui. »

« Ils défendront les couleurs de leur pays »

Alexandre Joukov, président du Comité olympique russe

« Tout le monde partage la même position : les Russes ne participeront pas aux Jeux sous drapeau neutre. Ils défendront les couleurs de leur pays. »

« Du pur délire »

Roman Kostomarov, champion olympique en patinage artistique

« C’est évidemment du pur délire. Je suis convaincu qu’il s’agit d’un jeu purement politique, commencé depuis longtemps et qui atteint aujourd’hui son point culminant. Si des sportifs décident de concourir sous drapeau neutre, ils perdront dans toutes les épreuves, parce qu’en pratique, on nous a « acculés ». (…) Face à la politique menée aujourd’hui, je vois mal comment les Russes pourraient obtenir de bons résultats à ces Jeux. »

« Une situation pénible »

Maxime Afinoguenov, champion du monde de hockey

« C’est une situation pénible. Je pense que tout le monde est sous le choc. Les sportifs russes se sont préparés aux JO, ils voulaient y représenter leur pays, participer sous leur drapeau. Il me semble que c’est un grand honneur, pour n’importe quel sportif, de gagner aux JO et d’entendre jouer l’hymne de son pays. Sans cela, selon moi, les JO perdent de leur sens pour n’importe quel sportif. »

« Il faut boycotter »

Andreï Nikolichine, médaillé olympique en hockey

« Le plus important, ce n’est pas la couleur du maillot mais le pays que tu représentes et le drapeau sous lequel tu participes. Autrement, l’épreuve perd son sens. J’estime personnellement qu’il faut boycotter les JO. »

« La décision du CIO n’a rien à voir avec le sport »

Elena Berejnaïa, championne olympique en patinage artistique

« La décision du CIO n’a rien à voir avec le sport. Les sportifs s’entraînent toute leur vie pour les JO et, soudain, le CIO nous empêche tous d’y participer. Chacun devra décider pour lui-même s’il peut concourir sous drapeau neutre. Le gouvernement ne va pas interdire aux athlètes russes de participer aux JO. Il faut tout de même séparer la politique du sport. »

« Le pouvoir russe n’a rien fait pour défendre les sportifs »

Alexandre Goloubev, champion olympique en patinage de vitesse

« Tout sportif qui se prépare aux JO pense qu’il y défendra les couleurs de son pays. Concourir sous drapeau neutre est offensant. D’un autre côté, ils se sont entraînés pendant quatre ans et ils sont en forme. Ils aimeraient montrer de quoi ils sont capables. Le CIO veut punir le gouvernement russe, mais sanctionner des sportifs innocents est injuste. Le pouvoir russe n’a d’ailleurs rien fait pour défendre les sportifs. Autrement dit, leur culpabilité n’a pas été prouvée mais ils sont déjà interdits de participation. »

« Russophobie »

Franz Klintsevitch, premier vice-président du comité pour la défense et la sécurité du Conseil de la Fédération

« C’est la continuation de la russophobie, une tentative d’humilier la Russie, de la remettre à sa place, d’ignorer le bon sens et d’obliger les sportifs russes à trahir leur pays, à concourir sous drapeau neutre. La tentation est trop grande pour les sportifs de participer de manière indépendante, de faire fi de leur pays. Je m’y oppose catégoriquement, je n’ai jamais trahi mon pays. »

Le CIO a mis en place deux commissions disciplinaires après la publication, en 2016, du rapport McLaren sur des cas de dopage présumés en Russie. La première commission, dirigée par Denis Oswald, a été chargée de vérifier les échantillons des athlètes russes prélevés aux Jeux olympiques de Sotchi. La deuxième, dirigée par Samuel Schmid, a étudié la question de l’existence d’un système d’État de dopage en Russie.

LCDR

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  1. c est politique cette sanction , rien d’autre .voulu par les américains . Poutine en représaille devrait boycotter le foot ball prévu cet été en RUSSIE . C’est la finance qui dirige et les banques , surtout américaines etl tel ROTCHILD , GOLDMAN SACH , etc ….

    1. Il va falloir un jour comprendre que cela fait plus de 70 ans que l’Amérique (surtout ses dirigeants) sème la « merde » sur toute la planète. Son mirage d’hégémonie planétaire risque de déclencher l’ultime apocalypse. Il faut donc agir avant qu’il ne soit trop tard. L’unique façon pacifique pour maîtriser ce fléau serait que la Russie, ses amis BRICS et autres décentes nations initient un total embargo des USA (Boycotter tout ce qui est made in America). C’est d’ailleurs ce que ces « pourris » d’américains font lorsque un état leur déplait.

  2. En toute sincérité, j’ai beaucoup de regrets et compassion pour les sportifs russes pour ce coup de Jarnac du CIO, qui une fois de plus a montré qu’il est toujours à l’écoute de voix de son maître US…
    Ce qui est dommage c’est que tous les pays qui sont amis et alliés de la Russie la Chine en particulier ne se range pas par solidarité en faisant entendre sa voix avec les sportifs russes… Un jour çà sera leur tour.
    Ne nous leurrons pas il faudrait peu-être commencer à envisager de créer des organisations sportives transnationales alternatives à celles qui existent actuellement et qui sont inféodées à des pays occidentaux pour exécuter des agendas qui non rien de sportif…

    1. Voir ce que je viens d’écrire. Avec cette « Fucken » Amérique, il faut parler fort et utiliser les mêmes procédés qu’elle utilise. Donc arrêter cette foutue fourberie diplomatique et appeler un chat, un chat. Il n’y a pas d’autre alternative. (Ce que MR Poutine et tous les dirigeants russes doivent comprendre…

  3. Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est « l’impossibilité » apparente de constituer « un organisme enquêteur INDÉPENDANT » pour pouvoir faire la lumière sur ce genre de problème … même souci aux niveau des affaires de « guerres chimiques ou biologiques » … On devrait faire un grand ménage dans les Institutions de l’ONU… etc … et instaurer des systèmes d’enquêtes « contradictoires » afin d’aboutir à des résultats « fiables »… ce qui n’est pas le cas actuellement !

  4. De toute évidence c’est avant tout une décision politique du CIO.Qui est devenu un organe politique,absolument pas indépendant sans oublier les sales affaires qui l’entoure.
    La Russie gêne dans les plans mortifères(géopolitiques)des occidentaux et au-delà.

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