Composée de 14 bâtiments dont l'hôtel Iset (en blanc), la cité des tchékistes est restée fermée jusque dans les années 1950. Crédits : Manon Masset.

Au cœur de la cité des tchékistes à Ekaterinbourg

Si Moscou compte le plus de bâtiments constructivistes en Russie, le titre de capitale du mouvement revient à Ekaterinbourg, aux portes de l’Oural. De son centre à sa périphérie, cette ville industrielle a été façonnée par ce courant architectural du début du XXe siècle. Parmi les complexes les plus marquants, la mythique cité des tchékistes, conçue pour loger les agents de la police politique soviétique. Reportage au cœur d’un site emblématique, héritier de la révolution, qui continue de fasciner autant que de hanter les esprits de ses habitants.

Un symbole constructiviste

Délimitée par quatre rues en plein cœur d’Ekaterinbourg, la cité des tchékistes n’est facilement identifiable que depuis le ciel. Une vue depuis laquelle, selon la légende, le complexe prend la forme de la faucille et du marteau, symboles du communisme.

Depuis le sol, pourtant, on peine à croire que cet ensemble en briques rouges et brunes délabrées, aux balcons rafistolés et aux fenêtres branlantes a un jour représenté la promesse d’un avenir radieux, après la révolution russe de 1917.

Et pourtant, bâtie entre 1928 et 1934 par les architectes Ivan Antonov et Veniamin Sokolov, la cité des tchékistes est « l’un des complexes de logements les plus aboutis du constructivisme », estime Igor Yankov, anthropologue qui étudie le site depuis des années et y vit avec sa femme, Larissa, chercheuse également, depuis trois ans.

Alors que beaucoup de projets constructivistes sont restés sur le papier une fois le mouvement tombé en disgrâce aux yeux de Staline, la cité des tchékistes a été construite de bout en bout selon la nouvelle idéologie communiste. Le principe était simple, détaille l’anthropologue : « Bâtir, à la place des maisons en bois de plain-pied de l’époque, un complexe de logements de masse, confortable, bon marché et favorisant la vie en collectivité, afin de transformer l’homme de la campagne en soldat de l’État industriel moderne », explique-t-il.

Mais la théorie résiste souvent mal à la pratique. Dans la cité des tchékistes, le principe de l’égalité a été transgressé très rapidement : les jeunes employés ont été logés dans des dortoirs exigus alors que les généraux disposaient d’appartements de quatre pièces.

Le plus célèbre résident du lieu était le général Pavel Fitine, chef de l’espionnage politique de l’URSS pendant la Seconde Guerre mondiale. Né en 1907 dans l’Oural, Fitine a servi dans l’Armée rouge avant d’intégrer le service des renseignements extérieurs du NKVD en 1938. Le jeune homme a connu une ascension fulgurante et rapidement pris la tête du contre-espionnage soviétique. […]

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Manon Masset

Dernières nouvelles de la Russie

International

Charles Michel à Moscou : la Belgique intermédiaire entre l’UE et la Russie ?

Le Premier ministre belge Charles Michel a clôturé mercredi 31 janvier une visite de trois jours à Moscou. L’occasion pour lui de briser la glace avec les dirigeants russes. Sept ans que cela n’était plus arrivé. Le dernier déplacement d’un Premier ministre belge en Russie remontait à 2011. Pour l’occasion, Charles Michel a été reçu en grande pompe puisqu’il a rencontré son homologue russe, Dmitri Medvedev, et le président russe Vladimir Poutine. L’objectif de ce déplacement était clair : renouer le dialogue avec Moscou. Officiellement, via l’Union européenne (UE), la Belgique soutient les sanctions économiques adoptées par l’UE et les États-Unis contre la Russie depuis le début de la crise ukrainienne en 2014. Mais l’économie du royaume – son agriculture notamment – est touchée par l’embargo russe sur les produits européens (décrété en représailles aux sanctions occidentales). […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

1 février 2018
Société

Patinage artistique : la nouvelle reine Alina Zaguitova

En remportant neuf médailles dont deux d’or, les Russes ont largement dominé les championnats d’Europe qui se déroulaient le week-end dernier à Moscou. Parmi les stars, la jeune patineuse Alina Zaguitova qui s’est illustrée en remportant, à seulement 15 ans, la médaille d’or, devant sa compatriote Evguenia Medvedeva, double tenante du titre. Une nouvelle venue dans l’arène qui ne surprend plus dans un monde où les patineuses russes de talent sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes. Il en va souvent ainsi dans le monde impitoyable du patinage artistique individuel féminin en Russie. À peine une athlète a-t-elle le temps de poser la couronne sur sa tête qu’une plus jeune, plus belle et plus forte vient lui voler la vedette. Aux Jeux olympiques de Sotchi, la championne olympique Adelina Sotnikova (21 ans) a ainsi été éclipsée par la jeune Ioulia Lipnitskaïa (19 ans), elle-même rapidement oubliée, suite à sa décision de mettre un terme à sa carrière pour raisons de santé, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

26 janvier 2018
Économie

Ces Russes qui spéculent sur les cryptomonnaies

Malgré la récente chute du bitcoin, l’engouement pour les monnaies numériques ne faiblit pas en Russie. Pour la première fois, un groupe d’investisseurs vient d’acheter une centrale électrique en Sibérie pour le minage (fabrication et sécurisation des cryptomonnaies sur réseaux*). Mais qui sont ces Russes qui osent se lancer dans l’aventure des monnaies virtuelles ? Le Courrier de Russie a identifié trois téméraires qui croient, dur comme fer, en l’avenir des cryptomonnaies. Le précurseur ‒ Mikhaïl Chliapnikov En 2014, Mikhaïl Chliapnikov avait déjà créé sa propre monnaie, le kolion. Baptisé d’après le village de Kolionovo, où se trouve sa ferme dans la région de Moscou, le kolion était imprimé sur du papier photographique en coupure de 1,3,5,10,25 et 50. La monnaie n’avait aucune valeur et était utilisée comme unité de troc avec le voisinage. À l’époque, l’initiative de ce banquier-anarchiste avait fait grand bruit en Russie. Le fermier avait été condamné par la justice russe qui l’avait obligé à détruire ses billets, estimant que Chliapnikov « menaçait l’intégrité du système monétaire national ». Cependant, l’idée d’utiliser sa monnaie comme moyen de paiement et d’investissement n’a pas quitté l’agriculteur qui, à l’arrivée du bitcoin, a suivi la tendance et transformé ses kolions en monnaie virtuelle. En avril 2017, l’agriculteur lance avec succès une ICO (levée de fond sur le marché des cryptomonnaies). Des investisseurs achètent pour 400 bitcoins à l’ICO, l’équivalent de cinq millions de dollars (au cours du 15 janvier). Aujourd’hui, un kolion vaut sept dollars et Mikhaïl Chliapnikov utilise sa cryptomonnaie comme instrument financier pour développer sa ferme. Contre des kolions, les clients de la ferme achètent déjà des produits, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

24 janvier 2018
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