Déborah en cours. Crédits : Fiodor Andreïev.

Il était une fois une Belge dans le Houte-Si-Plou russe

Depuis un an, Déborah Taminiaux, Montoise de 27 ans, donne des cours de français à l’école n°12 d’Obninsk, à 96 km au sud-ouest de Moscou, dans la région de Kalouga. Un poste que la jeune femme a décroché via le programme « Enseignant pour la Russie » (Utchitel dlia Rossii, en russe), qui recrute des jeunes diplômés des grandes universités russes pour enseigner dans des écoles en région qui manquent de professeurs. Reportage.

Apprendre en s’amusant

Avec sa grande avenue Lénine, ses immeubles soviétiques imposants et ses marchoutka à tous les coins de rue, Obninsk, première ville scientifique de Russie, ressemble à de nombreuses villes industrielles russes.

Au 3e étage de l’école, à l’extérieur gris et à l’intérieur vert défraîchi, Déborah apparaît devant ses élèves aux visages souriants. « Brother ? », interroge-t-elle, enthousiaste. « Frère ! », lance Ilya. « Sestra [sœur, en russe] ? », interroge l’enseignante. « Sœur », répondent en chœur les enfants.

La Belge distribue ensuite de petits papiers avec des mots en français que les enfants doivent associer à leur équivalent russe. Le tout dans un temps imparti de 30 secondes. La classe s’agite et tous les élèves se retrouvent rapidement debout devant le tableau dans un joyeux brouhaha. « Les autres professeurs se plaignent parfois du bruit que fait ma classe, avoue Déborah. Mais pour moi, le plus important est d’apprendre en s’amusant », poursuit-elle, toujours le sourire aux lèvres. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Manon Masset