Toujours plus de radars sur les routes de Russie

Toutes les régions de Russie ont installé des radars sauf la Tchoukotka


Le nombre de radars automatiques sur les routes russes augmentera d’un tiers d’ici la fin de l’année, a prévenu l’inspection routière nationale. De quoi agacer et ravir les automobilistes. Prise de température.

Un radar automatique. Crédits : PxHere
Les radars ont « attrapé » environ 61 millions de contrevenants en 2016 en Russie. Seule la Tchoukotka n’en possède pas. Crédits : PxHere

Caméras, radars automatiques… la police routière russe compte intensifier sa présence numérique sur le terrain avec un important dispositif : quelque 2 500 appareils en complément des 7 500 existants.

Interrogé par le journal Izvestia, Mikhaïl Tchernikov, directeur de l’Inspection routière fédérale, a justifié ces mesures par les résultats concluants enregistrés à Moscou dans la lutte contre les accidents de la route. « La capitale et sa région ont les taux les plus faibles d’accidents graves. À Moscou, ce chiffre est presque trois fois inférieur à la moyenne russe, d’où l’intention de développer davantage ce système de contrôle dans le pays », a-t-il assuré, sans citer de données précises.

Plus de bien que de mal

Moscou, mégapole de plus de 12 millions d’habitants, est aussi la ville comptant le plus de radars sur ses routes : 1 424, selon la mairie. Et à en croire Viktor Pokhmekine, président du Mouvement des automobilistes de Russie, la forte présence de ces appareils a effectivement amélioré la situation globale.

« Les radars sont de toute manière une meilleure solution que les brigades mobiles de police, rien que parce qu’ils ne réclament pas de pots-de-vin ! Je ne vois rien de mal à l’installation d’un radar qui fonctionne correctement, car on constate que la grande majorité des automobilistes respectent le code de la route lorsqu’ils passent à côté d’un de ces dispositifs », a-t-il expliqué sur les ondes de Kommersant FM.

Flashé c’est payé

Si l’augmentation du nombre de radars est accueillie avec compréhension au sein de la société, la question de leurs emplacements est davantage discutée. À en croire Piotr Chkoumatov, coordinateur du mouvement Les seaux bleus, qui lutte depuis 2006 pour l’égalité des automobilistes face à la loi, les lieux choisis laissent souvent les usagers perplexes.

« Dans la pratique, de nombreuses régions russes n’utilisent ces radars qu’afin de remplir leurs caisses et boucher les trous du budget. Les autorités choisissent par exemple des bonnes routes, droites, où l’on peut rouler tranquillement à 80-90-100 km/h, et y imposent un tronçon à 40 km/h – doté d’un radar », a-t-il déploré, interrogé par Kommersant.

La police routière indique que les radars ont « attrapé » environ 61 millions de contrevenants en 2016, rapportant aux caisses de l’État quelque 31 milliards de roubles.