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Forêt du Caucase. Crédits : DR.

Comment un papillon importé lors des JO de Sotchi a détruit les forêts de buis de Russie

La Russie est confrontée à une catastrophe écologique de grande ampleur : les forêts de buis originelles disparaissent les unes après les autres dans la région de Krasnodar et en Adyguée. L’arbre, qui a survécu à la période glaciaire, a été presque entièrement décimé par la pyrale, un papillon parasite arrivé dans des plantes importées d’Italie en 2012, à l’occasion des JO de Sotchi. À en croire les écologues, ce fléau aurait pu être endigué il y a plusieurs années si les différents ministères concernés ne s’étaient pas mutuellement rejeté la responsabilité. Aujourd’hui, l’objectif ne se limite ainsi plus qu’à sauver l’espèce : le ministère russe de la nature prévoit de créer une pépinière afin de tenter, un jour, de réintroduire le buis dans la nature. Explications de Kommersant.

Le buis commun (Buxus colchica) est une plante relique, ayant survécu il y a 1,8 million d’années à la dernière période glaciaire. À l’état sauvage, il n’en reste plus que dans le Caucase : en Russie, en Abkhazie, en Géorgie et dans les montagnes situées sur la côte turque de la mer Noire. Durant des millénaires, le buis a rempli une fonction essentielle : ses forêts humides et chaudes ont maintenu l’équilibre du cycle de l’eau, tandis que ses racines ont renforcé le sol des cols pierreux, empêchant les éboulements. À la fin du XIXe siècle, on a commencé à abattre les buissaies pour utiliser leur bois précieux, jusqu’à ce que l’espèce soit inscrite à la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et commence de se rétablir.

Lors des préparatifs des Jeux olympiques de Sotchi, de nombreuses infrastructures ont été établies dans des zones naturelles protégées, rappelle Igor Tchestine, directeur du WWF Russie. Lors de la construction d’une route à Krasnaïa Poliana, par exemple, plus de 23 hectares de buis commun ont été abattus. À titre de compensation, en 2012, une autre espèce – du buis sempervirens – a été plantée à l’occasion du « Marathon vert » organisé dans le village olympique. Les organisateurs ont souligné, non sans fierté, l’avoir spécialement importée d’une pépinière italienne. « En plantant des milliers d’arbres, nous créons ensemble, dès aujourd’hui, l’héritage de ces JO, déclarait dans une interview Dmitri Tchernychenko, président du comité d’organisation de Sotchi 2014. Nous affirmons ainsi une fois de plus notre volonté d’organiser des Jeux en harmonie avec la nature.  […]

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Traduit par Maïlis Destrée

Dernières nouvelles de la Russie

Société

L’avenue Koutouzov :
Le ghetto des riches de Moscou

De l’URSS à la Russie moderne, l’avenue Koutouzov a abrité les élites politiques et économiques. Aujourd’hui, le « quartier-dortoir le plus cher de Moscou » peine toutefois à se développer. Reportage de David Kramer pour le site Moskvich Mag.En 1918, les autorités soviétiques transfèrent la capitale russe de Saint-Pétersbourg à Moscou et décident de doter la ville d’une entrée-ouest digne de ce nom. Une route est alors construite, au milieu d’un quartier délabré qui va progressivement se transformer en « porte occidentale de Moscou ». Avant la Seconde Guerre mondiale, d’immenses immeubles staliniens y sont construits et, en 1957, l’avenue de 8,3 kilomètres est baptisée en l’honneur du général vainqueur de Napoléon.Politburo, sugar daddies et prostituéesC’est au n° 26 de l’avenue qu’ont vécu Leonid Brejnev, Iouri Andropov, Mikhaïl Souslov et d’autres membres du bureau politique du Parti communiste. Le musicien et réalisateur Alexandre Lipnitski, autre illustre locataire de l’immeuble, se souvient : « À la fin des années 1960, ma mère s’est remariée avec Victor Soukhodrev, interprète au ministère de l’Intérieur et au Politburo. En 1979, elle a emménagé au fameux n° 26. L’immeuble était baptisé le sandwich parce qu’un des étages du milieu était occupé par Brejnev, et les étages inférieurs et supérieurs par ses principaux alliés. Je n’ai jamais rencontré personne dans la cour. »Rolls-Royce Motor Cars sur l’avenue Koutouzov. Crédit : Rolls-RoycecarsÀ ce propos, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 mars 2019
Société

Du danger d’appeler M. Poutine à l’aide

En décembre dernier, Tassia Pertchikova, adolescente de douze ans vivant dans un petit village à six cents kilomètres de Moscou, a écrit à Vladimir Poutine pour se plaindre de la pauvreté dans laquelle elle vit avec sa mère. Publiée sur internet, sa lettre a provoqué un élan de solidarité de la part des Russes… suivi d’une vague de colère et de jalousie dans le village.Dans la lettre, envoyée sur le site officiel du Kremlin, Tassia regrette que la fermeture de l’unique école de son village, Tomsino, situé dans la région de Pskov, à l’ouest de Moscou, l’oblige à parcourir chaque jour les trente kilomètres qui la séparent du village voisin. Elle ajoute que sa mère, aide-soignante, touche à peine 12 000 roubles (165 euros) par mois.« J’aime beaucoup ma maman et je vois à quel point c’est difficile pour elle. Lorsqu’elle est de garde et que je suis à l’école, il n’y a personne à la maison pour nourrir les animaux. Nous avons des chèvres, des poules et une vache, Caramel », écrit Tassia, qui demande au chef de l’État un micro-tracteur, pour que sa mère « doive moins bêcher la terre après avoir travaillé jusqu’à l’épuisement à l’hôpital ».Au total, la famille a reçu 90 000 roubles (1 235 euros) de dons, dont elle s’est servie pour acheter du matériel agricole, des manuels scolaires, des vêtements et des médicaments.Vladimir Poutine n’a pas répondu à l’adolescente. Le 10 janvier, Tassia et sa maman ont reçu une lettre du comité régional pour la protection sociale les informant que toute aide était « impossible ». […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 mars 2019
Société

Désert médical cherche mamies-médecins

En Mordovie, région rurale située à six cents kilomètres à l’est de Moscou, les habitants se soignent les uns les autres. Dans le cadre du projet « L’heure d’or » – ainsi nommé en référence aux soixante minutes suivant un accident grave, cruciales pour la survie de la victime –, plus de deux cents retraités ont suivi des formations médicales accélérées afin de pallier le manque de médecins et d’établissements de soins. Reportage de Nikita Aronov pour Ogoniok. Extraits.« Quand je suis arrivée, il y avait du sang partout, se souvient Nadejda Meziaïeva, soixante-sept ans. Mais bon, vous savez, je tue des poulets, alors le sang d’un voisin… »Sans les mamies du village de Novaïa Mikhaïlovka, en Mordovie, Alexeï Nazarov ne serait sans doute plus de ce monde. Lorsqu’il s’est coupé la main avec une disqueuse, des proches ont tout tenté pour stopper l’hémorragie. En vain. Puis, les « pros » sont arrivées : les sœurs Lidia Ioudina, soixante-deux ans, et Lioudmila Tcheroucheva, soixante-huit ans, ainsi que leur voisine Nadejda Meziaïeva.Deux semaines avant l’incident, les trois retraitées avaient suivi une formation aux premiers secours et aux soins médicaux de base. Lidia et Nadejda ont posé un garrot, tandis que Lioudmila démarrait la voiture. Elles ont ensuite installé Alexeï dans le véhicule et l’ont conduit à Saransk, la capitale de la région, située à une quinzaine de kilomètres. À mi-parcours, elles ont croisé l’ambulance, appelée une heure plus tôt.« À l’hôpital, on nous a dit que nous avions bien agi », souligne Nadejda non sans fierté.Les trois femmes n’ont à aucun moment perdu leur sang-froid. C’était pourtant leur baptême du feu.Retraitées et médecins bénévolesMaria Ermolaïeva, soixante et onze ans, entre dans le cabinet de consultation de Nadejda. « Alors, tension : 17/9… Taux de sucre : 6,1. Cela fait longtemps que vous avez vu Rimma Rastiamovna ? », s’inquiète la soignante. Rimma Rastiamovna est médecin généraliste à la clinique de Liambir, une petite ville de huit mille habitants, située à une heure de marche de Novaïa Mikhaïlovka – aucun transport public ne dessert le village. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 février 2019

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