Ceuillette Une Grande

La cuisine sauvage : un retour aux sources gastronomique

Pour se nourrir, Pasmour Ratchouïko, 30 ans, ne va plus au supermarché mais dans la forêt la plus proche. Depuis 2012, cet artiste de Rostov-sur-le-Don consomme principalement des herbes sauvages, qu’il a appris à transformer en bons petits plats. Un moyen de (re)découvrir des goûts authentiques, de sortir du carcan de la société de consommation et d’allier l’art et la cuisine : le jeune homme a expliqué sa démarche au Courrier de Russie, qui l’a accompagné dans sa quête de nourriture à travers une forêt moscovite.

Nous nous retrouvons à la sortie du métro Novokossino, dans un quartier-dortoir de la capitale, à quelques kilomètres à l’est du MKAD : à dix petites minutes de marche de là, s’étend un parc immense. « Venyamin », se présente le peintre en arrivant. Pasmour Ratchouïko est son pseudonyme d’artiste. « C’est tellement classe de partir en forêt pour y découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles herbes comestibles ! », entame-t-il, enthousiaste.

Pasmour/Venyamin nous guide dans les profondeurs du parc, en quête d’un étang : « Les étendues d’eau sont entourées de roseaux, dont la tige est juteuse et délicieuse », explique-t-il. Le cœur du parc abrite une forêt sauvage. Mais il faut commencer par s’éloigner des sentiers battus, le plus à l’écart possible de toute trace de civilisation. À l’entrée du parc, les habitants du quartier organisent régulièrement des pique-niques, et ils laissent souvent leurs déchets sur place.

« La tige de roseau, en fait, c’est la nourriture de notre enfance !, reprend Venyamin. Tous les gamins ont un jour goûté le pas-d’âne, le roseau et l’épi de chiendent… C’est tellement bon ! »

Par endroits, la forêt devient marais : le jeune homme est certain de trouver de l’égopode podagraire et des orties, et espère dénicher aussi de la bardane.

Nous zigzaguons longtemps avant d’arriver dans une petite clairière sèche. « L’égopode est bon, ici, il faut en cueillir, décide notre guide. C’est une mauvaise herbe ordinaire, qui pousse quasiment partout, poursuit-il. Mais en cuisine, on n’utilise que les jeunes pousses. Et c’est justement la saison en ce moment ! »

Une demi-heure plus tard, la première récolte est prête : Venyamin enfourne dans son sac à dos un gros paquet d’égopodes. Il remarque, à proximité, un jeune tilleul. Après avoir goûté les feuilles, il décide d’en prendre un peu, pour faire des tests. « Évidemment, si je tombe sur des herbes que je ne connais pas, […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017