Dans la fabrique de cosmonautes

L’agence spatiale russe Roscosmos a lancé le 14 mars dernier une campagne de recrutement pour les aspirants cosmonautes. Après une formation de six ans, les heureux élus pourraient devenir les premiers Russes à marcher sur la Lune. Le Courrier de Russie s’est rendu au centre d’entraînement Iouri Gagarine, où tous les cosmonautes russes s’entraînent depuis 56 ans et où seront formées les nouvelles recrues. Reportage.

Cachée au milieu de la forêt, à près de 25 km à l’est de Moscou, la Cité des étoiles est une véritable ville, avec écoles et cinémas. Mais c’est aussi et surtout un territoire secret, créé en 1960 et isolé du reste du monde durant toute la période soviétique, abritant, en son sein, le centre d’entraînement Iouri Gagarine, qui formait les cosmonautes soviétiques à l’abri des regards.

Aujourd’hui, la Cité des étoiles n’est plus gérée par l’armée. Elle est ouverte aux astronautes du monde entier ainsi qu’au public, bien que sous certaines conditions : les autorités russes examinent les demandes d’accréditation des journalistes étrangers durant 30 jours minimum.

Il faut franchir deux postes de contrôle pour accéder au centre d’entraînement. Seule une petite partie du complexe est accessible au public, dont la salle qui abrite la première station spatiale MIR. Mise en fonction en 1981, elle a été volontairement détruite dans l’atmosphère en 2001. « Plus de cent astronautes sont passés par MIR, dont plusieurs Russes, des Américains et des Français. Et de là, ils ont effectué environ 80 sorties dans l’espace », explique Oleg Zakharov, chef adjoint du centre de formation pour les jeunes, Cosmotsentr.

Transformée en musée et centre éducatif, la station accueille aujourd’hui un groupe d’écoliers, impatients de jouer aux cosmonautes. « Mais où se trouve la chambre à coucher ? », demande, intrigué, Vova, 8 ans, à bord de la station. « Les cosmonautes ne ressentant dans l’espace ni l’horizontalité, ni la verticalité, ils dorment debout, accrochés aux murs de la station, comme ils peuvent », répond Oleg, en désignant une pièce étroite, sans lit. « Mais ils arrivent à dormir ? »,interroge une autre élève, Olga, sceptique. « Bien sûr, ils ont pour repères le plafond, peint en clair, et le sol, foncé », poursuit Oleg, ajoutant que les conditions de vie dans la station MIR étaient relativement confortables. « À l’époque, il y avait même un bania, ici », précise-t-il.

Les enfants rencontrent ensuite Salijan Charipov, […]

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Manon Masset