La cryogénisation trouve preneur en Russie

Se faire cryogéniser est aujourd’hui possible dans deux pays : les États-Unis et la Russie. Le Courrier de Russie a voulu en avoir le cœur net et s’est rendu dans les locaux de KrioRus, unique entreprise russe spécialisée dans la cryoconservation.

Quand on dit « cryogénisation », on imagine un grand laboratoire aseptisé, où il faudrait enfiler, avant d’entrer, un costume censé protéger des matières étrangères nocives… Mais le centre de cryoconservation de KrioRus, c’est un peu… tout le contraire : un grand bâtiment en métal, mi-garage, mi-hangar, à l’arrière d’une maison de campagne des plus banales, près de Serguiev Possad, à 70 kilomètres de Moscou. Et pourtant, c’est bien ici que la société propose de « patienter » avant d’être ressuscité dans le futur.

« Il vaut mieux être vivant que mort »

La porte du bâtiment en tôle s’ouvre. Danila Medvedev, co-fondateur de KrioRus, m’invite à entrer. Il fait -10°C à l’extérieur, en cette journée de février, et pas plus à l’intérieur. Deux énormes tonneaux de trois mètres de haut se dressent fièrement. Au premier regard, le tout ne fait pas sérieux : ces tonneaux blancs bizarres – les « dewars » –, ce garage au fin fond de la banlieue moscovite avec divers drapeaux accrochés au mur… « Ce sont les pays d’où viennent nos clients ou bien avec lesquels nous coopérons, explique fièrement Danila. Et ici, dans ces récipients, les patients se reposent. »

Les « patients » – Russes, Japonais, Ukrainiens ou Américains – sont en effet installés dans ces dewars, fabriqués à base de matériaux particulièrement solides, conçus pour la construction de fusées et de bateaux. Il s’agit de tonneaux à double paroi, remplis d’azote liquide, maintenant leur contenu à une température constante de -196°C. Chaque dewar peut contenir jusqu’à huit corps, qui y flottent, enveloppés dans des sacs de couchage. « Lorsque le patient arrive, son corps est déjà refroidi dans de la glace sèche, jusqu’à -80°C degrés, déjà vidé de son sang et infusé d’une solution qui prévient la formation de cristaux. Ici, nous l’enveloppons dans un sac de couchage et le plongeons dans un dewar, […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017

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