Dix enfants de moins – si l’État le veut

Le 10 janvier dernier, à Zelenograd, en banlieue de Moscou, la police a retiré dix enfants à leur famille adoptive pour les placer sous tutelle de l’État. Les parents sont soupçonnés de maltraitance. Mais de nombreuses voix s’élèvent, au sein de la société russe, pour mettre en doute ces accusations. Le Courrier de Russie revient sur le sujet le plus discuté de ces dernières semaines.

L’histoire commence en 2005. Svetlana Ivleva, alors âgée de 26 ans, est responsable des relations publiques de l’hôpital Mariinski, à Saint-Pétersbourg. Médecin de formation, la jeune célibataire fait aussi du bénévolat dans des orphelinats et s’apprête à adopter une fillette de six ans, Daria [une femme seule peut adopter en Russie, ndlr]. La même année, Svetlana, à l’occasion d’un voyage de presse, rencontre son futur mari, Mikhaïl Dell, âgé de vingt ans de plus qu’elle. Ensemble, ils décident d’adopter non seulement Daria mais aussi ses deux frères. « Il y a tellement d’enfants dans ces orphelinats… C’est difficile, quand vous en prenez un, de ne pas penser à ceux qui restent », a récemment confié Svetlana au portail d’information Meduza. En dix ans, le couple adopte quatre enfants supplémentaires et en prend encore huit sous tutelle (Voir encadré). Tous leurs enfants adoptifs sont atteints de pathologies et/ou handicaps divers, certains sont aussi porteurs du VIH. En 2013, Svetlana donne naissance à un fils.

En 2014, comme la mère l’a expliqué au journal Moskovski Komsomolets, Mikhaïl, qui dirigeait jusque-là une compagnie de production audiovisuelle, se voit proposer un poste plus avantageux à Moscou. La famille quitte la région de Saint-Pétersbourg pour la capitale russe, s’installant à Zelenograd.

Les époux Dell ont ainsi seize enfants, dont treize mineurs vivant avec eux. Et tout semble aller pour le mieux pour la famille jusqu’au 10 janvier dernier – quand les représentants des organismes de tutelle interviennent pour retirer dix enfants adoptifs du couple en l’espace de quelques heures. Deux adolescents sont parvenus à s’échapper lors de la visite des services sociaux, et le fils biologique des Dell leur a été laissé.

« C’est ton père qui t’a fait ça ? »

Plus tôt, le matin de ce même jour, une institutrice de l’école maternelle de Zelenograd avait remarqué sur le corps de l’un des enfants dont les Dell avaient la garde, Serioja, 6 ans, des bleus et des cicatrices. Aux questions de la pédagogue, le garçonnet avait répondu avoir été puni par son père adoptif « à coups de ceinture ». […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017
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