Pourquoi la Russie dépénalise-t-elle la violence domestique ?

La Douma examine actuellement une proposition d’amendement visant à dépénaliser la violence domestique en Russie, qui soulève déjà une vague de discussions dans le pays et à l’étranger. Sachant que le terme, dans la loi russe, s’applique autant aux violences conjugales qu’aux punitions corporelles infligées aux enfants. Sera-t-il désormais permis de frapper ses proches impunément ? Le Courrier de Russie s’est entretenu avec des experts pour en savoir plus sur ce sujet brûlant. Décryptage en questions-réponses.

Aura-t-on désormais le droit, en Russie, de frapper les membres de sa famille sans craindre la moindre conséquence ?

C’est beaucoup plus complexe. Concrètement, le fait d’infliger des coups légers, qui causent une douleur mais ne portent pas atteinte à la santé de la personne qui les subit ne sera plus jugé comme un crime, mais comme un délit administratif. Un délit passible d’une amende allant de 5 000 à 30 000 roubles [78 – 467 euros], de 60 à 120 heures de travaux d’intérêt général, ou, encore, d’une détention de 10 à 15 jours. Si cet amendement est effectivement voté, quelqu’un qui frappe l’un de ses proches – parent, conjoint, enfant – n’ira plus en prison : les deux ans de détention ferme que prévoit actuellement la loi dans un tel cas seront définitivement abolis.

En revanche, cette peine de détention ferme continue de menacer celui qui inflige à ses proches des coups graves, portant atteinte à leur santé, ainsi que les récidivistes, les personnes ayant déjà été condamnées pour le même délit.

Pourquoi la Douma envisage-t-elle de changer la loi ?

Tout remonte à une initiative de la Cour suprême de la Fédération de Russie, dont les juges ont proposé, l’été dernier, de dépénaliser les cas de coups légers, portés pour la première fois, tout en alourdissant les peines en cas de récidive. L’objectif était de réduire le nombre d’enquêtes pénales, soulager le travail des tribunaux et vider les prisons. Le Parlement a entendu les arguments de la Cour et modifié la législation : les coups légers sont passés de la qualification de crime à celle de simple délit administratif – sauf entre membres d’une même famille.

Ainsi, la violence « de rue » a été dépénalisée, mais la violence domestique restait un crime pour le législateur russe.

Cette évolution a fortement inquiété les associations de parents. Ces derniers se sont demandé s’ils risquaient de se retrouver derrière les barreaux pour une simple gifle donnée à leurs enfants, se sont indignés que l’État les « prive du droit » d’éduquer leur progéniture comme ils l’entendent, etc. Certains ont exprimé la crainte que les enfants puissent être retirés à des parents soupçonnés d’avoir recours aux punitions corporelles, […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017