machine Notchlejka Saint-Pétersbourg

Au cœur de la première blanchisserie pour sans-abri de Russie

L’ONG pétersbourgeoise Notchlejka (« Un toit pour la nuit », en russe) a inauguré, le 22 novembre dernier, une laverie automatique gratuite pour les sans-abri. Une semaine seulement après son ouverture, une vingtaine de curieux en franchissent chaque jour le seuil. Le Courrier de Russie a discuté avec les premiers visiteurs, entre deux lessives.

70 minutes à 60°C

Dans ce quartier industriel du sud de Saint-Pétersbourg, on repère de loin la façade flambant neuve, blanche et verte, qui tranche avec le reste d’un bâtiment à l’air abandonné. « Blanchisserie culturelle », indique l’enseigne, en grosses lettres. À l’intérieur, les clients sont accueillis par une douce chaleur, qui contraste avec les -10°C de l’extérieur. La neige reflète les rayons de soleil qui transpercent les grandes vitres, éblouissant les visiteurs. Le vrombissement ambiant, assourdissant, ne laisse toutefois aucun doute : on est bien dans une laverie automatique, et les machines tournent à plein régime.

Face à une rangée de huit machines à laver et quatre sèche-linge, cinq personnes sont assises le long du mur. Jetant de temps à autre un œil sur leurs affaires, elles lisent en silence – magazines, journaux, et même des romans. Dans le fond, Oleg, administrateur des lieux – dont seuls la casquette et les yeux dépassent de son bureau –, explique à un visiteur le fonctionnement des lave-linge. « Tu as le choix entre deux programmes : un court de 30 minutes, et un plus long de 70 minutes, pour les vêtements vraiment sales », indique-t-il à Victor, 32 ans, qui découvre le service. « Je garde les lieux propres et veille à ce que l’ordre y règne », commente Oleg.

Un bon tuyau

Manifestement désemparé face à l’appareil, Victor redemande de l’aide à Oleg, qui lui montre comment choisir la température, de 30 à 90°, […]

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Manon Masset