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Mathématiques et sciences : les élèves russes parmi les plus performants

Les élèves russes se classent parmi les meilleurs du monde en mathématiques approfondies, selon les résultats de l’enquête internationale Timss (Trends In Mathematics and Science Study), publiés mardi 29 novembre.

école Russie
Salle de classe en Russie. Scène du film Le géographe a bu son globe.

Dans les classes spécialisées, en mathématiques approfondies [« S » en France], les jeunes Russes occupent le top du palmarès, suivis des Libanais, des Américains et des Portugais. En physique approfondie, les Russes arrivent en deuxième position, derrière les Slovènes (1er), mais devant les Norvégiens (3e), les Portugais (4e) et les Suédois (5e).

Pour Galina Goujvina, professeur agrégée de mathématiques à l’École centrale de Lyon, les résultats de l’enquête confirment l’efficacité du système des classes et lycées spécialisés en mathématiques fondé en 1963, en URSS, par l’académicien Andreï Kolmogorov. « Les lycées russes spécialisés en mathématiques et en physique sont une véritable institution, unique dans le monde », affirme M. Goujvina, également diplômée du lycée spécialisé en mathématiques auprès de l’Université Lomonossov, à Moscou.

La mathématicienne précise que, si beaucoup de pays ont tenté, à différentes époques, de créer des « écoles spécifiques pour enfants intelligents », seule l’URSS est parvenue à mettre sur pied « un système qui marche », en recherchant des jeunes doués en mathématiques à travers tout le pays.

Généralement bons

Les experts de Timss ont également évalué les connaissances des élèves de la quatrième année générale (équivalent du CM1 français) et de la huitième année générale d’études (équivalent de la quatrième en France) en maths et en sciences dans 57 pays. Là aussi, la Russie conserve sa place au top-7.

En mathématiques, les élèves russes de huitième année se classent au 6e rang mondial, devancés par Singapour, la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et le Japon. Les élèves de quatrième année arrivent à la 7e place, derrière les mêmes pays et l’Irlande du Nord.

En sciences, les écoliers russes de quatrième année se hissent au 4e rang mondial, après Singapour, la Corée du Sud et le Japon, tandis que ceux de huitième année arrivent en 7e position, devancés par les mêmes pays, mais aussi Taïwan, la Slovénie et Hong-Kong. Pour Galina Goujvina, si les élèves russes s’avèrent aussi performants, le mérite en revient au système scolaire russe actuel dans son ensemble. « Lors des ces tests du TIMSS, outre leurs connaissances, acquis et savoir-faire, les jeunes Russes ont fait preuve de flexibilité et d’adaptabilité à un nouvel environnement, de rapidité et de vivacité d’esprit, souligne-t-elle. Toutes ces qualités qu’ils ont développées à l’école, grâce à des devoirs parfois compliqués – et face auxquels les parents s’arrachent souvent les cheveux ! »

Selon l’enseignante, le système d’instruction mathématique russe doit son succès au nombre important de problèmes textuels présents au programme, qui contribuent à développer la modélisation mathématique. Autre clé de son succès : l’attention particulière accordée par les enseignants à la géométrie euclidienne sans coordonnées cartésiennes : « seule discipline scolaire qui développe des acquis de constructions logiques à plusieurs étapes », poursuit la chercheuse. Galina Goujvina insiste encore sur le très haut niveau d’exigence du personnel enseignant quant au calcul arithmétique et littéral, héritage direct de l’époque soviétique.

Les résultats de l’enquête Timss indiquent en outre que le niveau des élèves russes de quatrième année, en maths comme en sciences, s’est amélioré depuis 2011, tandis que celui des élèves de huitième année est resté le même dans les deux matières. L’enquête révèle également une détérioration du niveau des élèves russes en physique avancée par rapport aux résultats de 1995, tandis que leur performance en maths avancées demeure quasi inchangée.

Depuis 1995, l’enquête internationale Timss mesure, par niveau scolaire, les performances des élèves en mathématiques et en sciences dans 57 pays et 7 entités territoriales. Plus de 600 000 élèves du monde entier ont été évalués en 2015.

LCDR

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  1. Une raison probable de cette supériorité des russes est l’excellence de leurs manuels scolaires et universitaires. Je me rappelle de la collection MIR (traduite en français); elle m’a beaucoup aidé en calcul intégral avancé. Malheureusement on ne la trouve plus.

  2. Bravo aux russes de se trouver à la tête d’une élite. Il y a toujours eu en Russie de brillants cerveaux. Cependant une chose est d’évaluer les élites, une autre est d’évaluer le niveau moyen d’un pays, les efforts faits par un pays pour faire progresser tout le monde, et tout-un-chacun. J’aimerais bien connaître les résultats d’une telle étude, si elle existe.

  3. Une réalité en trompe l’oeil. La formation russe en mathématiques est forte et de haut niveau sur les aspects techniques, sans aucun doute. Mais dès qu’il s’agit (a) de travailler en équipe et (b) de faire fonctionner son imagination, il n’y a plus personne ! l’élitisme russe sur ces questions est tel que travailler en équipe est déshonorant. Or les résultats en mathématiques et informatique théorique proviennent d’une large part maintenant de travaux en équipe. En Russie ce qui compte est la performance individuelle à tout prix, et si cela amène parfois un Perelman, la plupart du temps cela construit (a) des autistes individuels hautains avec lesquels il est pénible voire impossible de travailler, et (b) des milliers d’étudiants valables complexés de ne pas être aussi bon que les meilleurs, et qui se détournent de la science. C’est un système périmé.

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