Ekaterinbourg : Pokémons, emprisonnez-les tous !

Rouslan Sokolovski, blogueur populaire de 21 ans, a été mis en examen après s’être filmé en train de jouer à Pokémon Go dans l’église de Tous-les-Saints à Ekaterinbourg, mi-août. Un mois plus tard, et après un court séjour en prison, le jeune homme vient d’être assigné à résidence dans le cadre d’une enquête pour « extrémisme » et « offense aux sentiments des croyants ». Décryptage.

Vade retro Pikachu !

En publiant sa vidéo sur son compte Youtube, le 11 août, Rouslan Sokolovski savait pertinemment où il mettait les pieds. Ou plutôt – là où on les lui mettrait.

En juillet dernier, lorsque le tsunami Pokémon Go a frappé la Russie de plein fouet, de nombreuses personnalités orthodoxes ont affiché leur vive indignation face à l’arrivée de Pikachu et de ses amis dans le paysage national. Si le Patriarcat s’est contenté de demander que les églises soient épargnées par ces « chasses virtuelles », plusieurs groupes de cosaques, défenseurs historiques de la foi chrétienne, ont exigé l’interdiction du jeu en réalité augmentée à Saint-Pétersbourg et Stavropol.

La polémique a pris une telle ampleur que la télévision russe a même cru bon de mettre en garde les spectateurs contre cette pratique. Les chasseurs de Pokémons ont été prévenus : jouer dans des églises, mosquées et synagogues pourrait leur coûter jusqu’à 500 000 roubles d’amende et trois ans de prison pour « offense aux sentiments des croyants ».

« Du délire », pour reprendre les mots du blogueur Sokolovski, qui a précisément voulu démontrer que ce geste était au contraire « sans danger » et n’avait « rien d’illégal ». Pour ce faire, il a choisi d’aller jeter son dévolu – et ses Pokéballs – sur l’église de Tous-les-Saints, érigée en 2003 sur le lieu de l’assassinat du dernier tsar russe, Nicolas II, et de sa famille par les bolcheviques.

L’expérience s’est déroulée sans heurts, et le jeune homme est sorti de l’édifice avec deux nouveaux Pokémons en poche. « Ça m’a plu, […]

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Thomas Gras

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Tatarstan : la langue tatare devient facultative

Depuis le 29 novembre, après plusieurs années de débats houleux, l’enseignement de la langue tatare n’est plus obligatoire dans les écoles du Tatarstan. Le Conseil d’État de la république, sous la pression de Moscou, a tranché : il devient facultatif, à raison de deux heures de cours par semaine. Ekaterina Khodjaeva, sociologue et auteur de nombreux ouvrages sur les mouvements socio-ethniques au Tatarstan, revient pour Le Courrier de Russie sur ce bras de fer linguistique. Le Courrier de Russie : La république du Tatarstan est ethniquement composée d’environ 53,2 % de Tatars et de 39,7 % de Russes. A qui et pourquoi l’enseignement obligatoire du tatar à l’école posait-il problème ? Ekaterina Khodjaeva : Le principal problème résidait dans l’enseignement même de cette langue. Suite à sa désignation comme langue d’État dans la république, au début des années 1990, la législation du Tatarstan a, dans la foulée, garanti son enseignement obligatoire au même niveau que le russe, du primaire à la fin du secondaire, en raison de 5 à 6 cours hebdomadaires. Prise dans la précipitation, cette décision ne tenait toutefois pas compte de l’absence de programme, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

30 novembre 2017
Société

Sous pression, le boulanger homophobe Sterligov revend sa chaîne moscovite

L’entrepreneur super-orthodoxe et ouvertement homophobe German Sterligov a annoncé la fermeture et la revente de ses boulangeries Khleb i sol à Moscou. Pour rappel : leur entrée était « interdite » aux homosexuels. Chronique d’un scandale. C’était son principal argument de vente : un écriteau en bois, disposé derrière les vitrines, proclamant « Entrée interdite aux pédés ». Et c’est aujourd’hui la principale raison de la revente de ses six boulangeries moscovites, à en croire un message plein de haine posté par Sterligov sur son compte Vkontakte le 1er novembre. « Le procureur fait fortement pression sur moi. Il voulait d’abord que j’enlève le mot pédé de ma pancarte car ce serait soi-disant un terme obscène, alors qu’il est totalement décent. Enfin, bref. Nous l’avons remplacé par sodomites, qui sont comme des pédérastes, sauf que c’est un mot biblique. Or, il s’avère que le vrai problème n’est pas le mot employé mais qu’ils veulent qu’on serve tout le monde, c’est-à-dire MÊME LES PÉDÉS, sinon, après des inspections, ils nous feront fermer. (…) En somme, on m’a proposé de choisir entre mon affaire et ma conscience. J’ai choisi ma conscience », […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2017
Culture

La bande son de la révolution russe

De la Marseillaise à Hatikvah, quelles étaient les chansons populaires parmi les révolutionnaires russes en 1917 ? LCDR Radio en a concocté une petite compil’, inspirée par le portail d’information Arzamas.La MarseillaiseComme leurs confrères français de la fin du XVIIIe siècle, à qui ils vouaient une certaine admiration, les révolutionnaires bolchéviques se rassemblaient derrière la Marseillaise. Enfin, pas tout à fait la même – celle des travailleurs. Adaptée par le philosophe Piotr Lavrov en 1875, la Nouvelle Chanson, comme on avait aussi coutume de l’appeler, célébrait le reniement de l’ancien monde et appelait le peuple ouvrier à se soulever sur la mélodie originale de Claude Joseph Rouget de Lisle. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

27 octobre 2017