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La nudité de Jock Sturges fait scandale à Moscou

Deux semaines après son inauguration à Moscou, l’exposition de photographies de l’artiste américain Jock Sturges, célèbre pour ses clichés d’adultes et d’enfants naturistes nus, a été fermée suite à un week-end de protestation populaire. Pédopornographie pour les uns, art pour les autres : la question divise. Décryptage.

« Sans gêne »

Le titre de l’exposition ne pouvait être mieux choisi. C’est sans gêne que Jock Sturges explique photographier des familles de nudistes américaines et européennes depuis plus de trente ans. C’est sans gêne que ses modèles ont posé, et avec leur autorisation qu’ils sont exposés. C’est aussi sans gêne que l’exposition moscovite a ouvert ses portes le 9 septembre, au centre de photographie des Frères Lumière. C’est encore sans gêne que le ministère de la culture russe a recommandé l’événement sur son site internet. Et c’est enfin sans gêne que l’exposition a annoncé sa fermeture exceptionnelle, le 25 septembre.

Mais c’est surtout sans gêne que l’affaire a commencé, samedi 24 septembre, lorsque la très populaire fitness-blogueuse Lena Miro (n°3 en Russie) a traité Jock Sturges de « vieux et gras pervers » dans une publication intitulée Une exposition pour les pédophiles à Moscou, appelant les autorités à réagir.

« Depuis quand la Culture moscovite soutient-elle la pornographie infantile ?! (…) Messieurs les représentants du pouvoir et de la Loi, où regardez-vous ? », a-t-elle écrit, illustrant ses propos d’une série des photographies les plus polémiques de l’artiste.

La torche enflammée, il ne restait qu’à la jeter sur le bûcher. Et les candidats ne se sont pas fait attendre. Le jour même, la sénatrice Elena Mizoulina – à l’origine des lois controversées contre la propagande gay, les gros mots sur Internet ou l’adoption d’enfants russes par des Américains – a déclaré que l’exposition était « une démonstration publique de matériels pédopornographiques », que les organisateurs avaient « dépassé les limites » et qu’elle allait demander au procureur général d’ouvrir « une enquête contre le centre des Frères Lumière ». […]

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Thomas Gras