L’excision, le secret le mieux gardé du Daghestan

L'ONG « Initiative juridique pour la Russie » a publié, le 15 août dernier, un rapport sur l'excision au Daghestan. Svetlana Anokhina et Marina Akhmedova, journalistes russes spécialistes du Caucase, ont également enquêté sur cette pratique, toujours en vigueur dans cette région et loin de disparaître. Ces documents, qui lèvent le voile sur des opérations réalisées dans le plus grand secret, ont suscité de vives critiques. Le Courrier de Russie a déchiffré l'ensemble des articles et vous en livre l'essentiel.Comme le souligne le rapport de l’ONG « Initiative juridique pour la Russie », le problème de l’excision au Daghestan est largement ignoré par les autorités, la communauté des défenseurs des droits de l’homme, le monde juridique et l’opinion publique.Lors de leurs entretiens avec des femmes daghestanaises, les auteurs du rapport ont dû affronter une forme de résistance de la part de certaines, qui refusaient de répondre à leurs questions. « Ne cherchez pas, ce sont nos affaires », se sont entendu dire les sociologues à plusieurs reprises. « Nous ne parlons de rien de ce qui concerne la religion », ont indiqué certaines femmes interrogées.Pourtant, si toutes les interviews n'ont pas abouti, le rapport est basé sur les témoignages de 25 Daghestanaises excisées, agrémentés d'avis de religieux, de médecins et de juristes de la région.

Une pratique rurale

Le rapport constate que l'excision est une pratique surtout répandue dans les villages de très haute montagne à l'ouest du Daghestan, notamment dans les régions de Tsountinski – où toutes les femmes interrogées étaient excisées –, Tsoumadinski et Tliaratinski – où la moitié des répondantes l’étaient. Mais le sud du Daghestan n'est pas épargné, des régions comme celles de Tabasaranski et Agoulski connaissant un pourcentage élevé de femmes excisées.L'excision est surtout pratiquée au sein de la principale ethnie du Daghestan : les Avars.S’il est difficile de donner le nombre exact de femmes excisées au Daghestan, les auteurs du rapport estiment que la pratique concerne des dizaines de milliers de femmes.

Les trois types d'excision

L'excision au Daghestan est généralement pratiquée chez les filles avant l'âge de trois ans, voire, dans de rares cas, jusqu'à douze ans.La décision d'exciser une fillette est prise par sa mère ou par une proche, généralement l’aînée de la famille – la grand-mère ou une tante.L'opération est pratiquée à la maison, par des femmes n'ayant aucune formation médicale. « Elle est réalisée de façon artisanale, par la maîtresse de maison. Avec un couteau, elle coupe un petit morceau du clitoris », confie l'une des répondantes. « Au printemps, une femme est venue de la montagne, spécialement. On nous a conduites auprès d'elle en nous attirant avec des cadeaux », raconte une autre.Trois types d’excision sont pratiqués dans la république montagneuse, qui varient en fonction des régions, de l'expérience des exciseuses et de la volonté des femmes du village.La première, largement répandue, consiste à réaliser une entaille au niveau du clitoris de la jeune fille pour laisser couler le sang. « On me l'a fait quand j'étais enfant, et ils n'ont presque rien coupé », se souvient l'une des femmes interrogées.La deuxième consiste à couper un morceau du clitoris. « En dessous,

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Manon Masset

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