Yoann Barbereau, ex-directeur de l’Alliance française accusé de pédophilie en Sibérie, a pris la fuite

« Pendant un certain moment, les signaux reçus indiquaient qu’il se trouvait dans le centre de la ville. Puis, plus rien »


Vendredi 16 septembre, un tribunal d’Irkoutsk, en Sibérie, a lancé un avis de recherche contre Yoann Barbereau, ex-directeur de l’Alliance française de la ville, assigné à résidence depuis février 2015 dans le cadre d’une affaire de pédopornographie. L’homme a disparu depuis cinq jours.

Yoann Barbereau, Nantais de 38 ans
Yoann Barbereau. Crédits : DR.

« Le signal du bracelet électronique [que portait Yoann Barbereau] a été perdu le 11 septembre. Lorsque nos agents sont arrivés à son appartement, le suspect était absent. Aucune trace du bracelet sur place », a déclaré Olga Khindanova, directrice du service de presse de l’Administration pénitentiaire russe pour la région d’Irkoutsk (GU FSIN).

Selon une source policière anonyme de TASS, Yoann Barbereau aurait quitté son domicile « en taxi ». « Pendant un certain moment, les signaux reçus indiquaient qu’il se trouvait dans le centre de la ville. Puis, plus rien », a affirmé l’informateur.

La chaîne Lifenews, citant une source au sein de la police, indique que Yoann Barbereau aurait laissé derrière lui une lettre, écrite en français. « Les enquêteurs étudient actuellement ce document », précise Life.

Vendredi 16 septembre, le tribunal Kirovski d’Irkoutsk a lancé un avis de recherche contre l’ancien directeur de l’Alliance française. « Puisqu’il s’agit d’un citoyen étranger, cet avis de recherche devient international et sera également lancé via Interpol », a précisé la source de TASS.

L’ambassade de France à Moscou n’a pas souhaité commenter la situation.

Yoann Barbereau, qui habitait et travaillait à Irkoutsk depuis 2012, a été arrêté le 11 février 2015. Relâché 71 jours plus tard, il était, depuis, assigné à résidence, après avoir été placé en observation 15 jours dans un hôpital psychiatrique.

Il est accusé par la justice russe d’actes à caractère sexuel sur mineur de moins de 14 ans, en l’occurrence sa propre fille, âgée de cinq ans ans à l’époque de l’arrestation ; de production et diffusion d’une photo pédopornographique ; de diffusion d’une vidéo pédopornographique et de trois photos pornographiques. Selon le code pénal russe, l’ensemble de ces crimes est passible d’une peine allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. Le jugement doit être prononcé en octobre prochain.

Lors de sa dernière audition, le 22 juin 2016, Yoann Barbereau a répété qu’il était victime de « manipulations » et que l’affaire était « montée de toutes pièces ».

Parallèlement, les proches de l’ancien directeur ont monté un comité de soutien à Nantes et lancé une pétition sur Change.org, demandant aux autorités russes sa libération. En mai 2016, une source au sein du ministère français des affaires étrangères et du développement international avait précisé au Courrier de Russie que Yoann Barbereau bénéficiait de la protection consulaire des autorités françaises.

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