Du punk-rock pour lutter contre le sida dans les écoles de Mourmansk

Faute de prévention, le sida progresse en Russie. Alors que le nombre de nouvelles contaminations par le VIH a chuté de plus de 30 % dans le monde au cours des dix dernières années, selon Onusida, le nombre de séropositifs en Russie a doublé entre 2008 et 2015, atteignant près d’un million de personnes. Un constat alarmant qui touche également la région de Mourmansk, où, sur une population de quelque 750 000 habitants, environ 5 500 personnes sont déclarées séropositives en 2014 (contre 2 700 en 2008). Afin de combattre ce fléau, Think Mental Fashion, un groupe de bénévoles de Mourmansk, organise depuis 2012, dans les écoles de la région, des séances de prévention atypiques, mêlant musique et discussions. Le Courrier de Russie les a suivis. Reportage.

Sur la route

Le rendez-vous est fixé à 5h du matin. L’équipe prévoit large : l’école n°3 de la ville de Nickel, à 190 km à l’ouest de Mourmansk, à la frontière norvégienne, ne les attend que pour 11h. « Il faut en général trois heures pour y arriver, mais la route peut aussi prendre quatre ou cinq heures du fait des conditions météo », explique Pavel, 33 ans, juriste de profession et volontaire depuis les premières heures de l’association, en 2011.

À bord de sa petite Hyundai blanche, le jeune homme récupère un par un les bénévoles au pied de leurs immeubles. Certains se font attendre, d’autres arrivent les bras chargés de victuailles. La voiture est pleine à craquer. On se serre, on se pousse, on glisse ses jambes entre les sacs disposés au sol. « Pavel, tu as besoin de voir à travers la vitre arrière ? », demande Lena, 19 ans, avant d’y poser ses affaires.

Le téléphone de Pavel sonne toutes les deux minutes. À l’autre bout du fil, Irina, 34 ans, la coordinatrice de Think Mental Fashion, mène la danse à partir de la voiture de tête. Au total, sept bénévoles et trois musiciens sont de l’aventure. « C’est dommage, le paysage est d’une beauté incroyable autour… », ironise Pavel, amusé, en ajustant ses lunettes : dehors, la nuit polaire ne semble avoir jamais aussi bien porté son nom. La voiture se tait peu à peu. La matinée sera longue.

Penser, c’est cool

Après plusieurs heures de route, les cheminées de l’usine du combinat métallurgique de la petite ville minière de Nickel se dessinent enfin dans le lointain. Une poignée d’écoliers, sacs à dos fluo sur les épaules, avancent seuls dans les rues désertes. Leur nombre grandit à mesure que nous nous approchons de l’école, située sur la place principale. Il est 9h30. L’équipe de bénévoles a moins d’une heure pour se préparer. Amplificateurs, sono, guitares, batterie… : les coffres des voitures se vident sous le regard curieux des parents d’élèves. « Dépêchez-vous, nous devons nous faire les plus discrets possible », insiste Irina.

L’effet de surprise constitue en effet une pièce maîtresse de l’action : seuls les instituteurs, qui ont invité Think Mental, sont au courant. « Nous jouons sur les sentiments des élèves. Nous les prenons d’abord de court, en intervenant dans leur routine quotidienne, puis nous les amusons avec un concert. Les jeunes sont alors dans un état émotionnel tel qu’ils ont envie de nous écouter. Et c’est là que la prévention a le plus d’impact », explique Irina.

La sonnerie retentit. Le groupe de musique investit le gymnase, au quatrième étage. Dans une pièce adjacente, les bénévoles enfilent leurs t-shirts et choisissent les pancartes sur lesquelles sont inscrits les slogans de l’association : « Fuck AIDS », […]

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Thomas Gras

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27 octobre 2017

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