Illuminations de Noël dans une rue de Mourmansk Crédits : Marie de La Ville Baugé

Les coulisses de la nuit polaire

Près de deux mois par an, les habitants de Mourmansk sont plongés dans la nuit polaire. Le Courrier de Russie a cherché à savoir comment ce phénomène influence leur vie.

« Maman, c’est la nuit ou le jour, là ? », demande Ilia, 5 ans, dans les couloirs de la polyclinique n°4 de Mourmansk. « C’est le jour, mon chéri. Il est quinze heures », lui répond-elle. Dehors, c’est la nuit noire. Les habitants de Mourmansk se pressent et s’activent dans les rues éclairées par les lampadaires et les illuminations de Noël : ils font leurs courses, se promènent avec leurs enfants, prennent le bus… Le tout sous un ciel couleur charbon.

Située à une latitude de 68°58’45’’, Mourmansk, avec ses 300 000 habitants, est la plus grande ville du monde située au-delà du cercle polaire. Pendant 41 jours, du 2 décembre au 12 janvier, le soleil n’y dépasse pas l’horizon. Si, par chance, le ciel est dégagé, les Mourmanskiens bénéficient de quelques heures de clarté, trois à quatre par jour. Le reste du temps, ils vivent dans l’obscurité la plus complète.

La proximité avec le courant atlantique du Gulf Stream offre à la région de Mourmansk un climat tempéré aux températures hivernales relativement douces pour ces latitudes, entre -10°C et -20°C. Mais le courant océanique entraîne également son lot de nuages et de brouillard et un taux d’humidité élevé. La qualité de l’air est pauvre du fait du manque d’oxygène.

Le « stress polaire »

Ces conditions climatiques ont un impact direct sur l’organisme, baptisé « syndrome du stress polaire ». « Ce n’est pas une maladie mais la réponse du corps aux conditions climatiques caractéristiques des villes situées au-delà du cercle Arctique », indique Natalia Telibaïeva, médecin-chef de la polyclinique n°4 de Mourmansk.

Le premier symptôme est une envie de dormir permanente, alors que l’on ne ressent aucune fatigue. « Le corps s’endort naturellement dans le noir », souligne le médecin. Le manque de lumière affaiblit l’organisme, qui peine à lutter contre les attaques extérieures. « Les habitants de Mourmansk sont une fois et demie plus susceptibles d’attraper des infections que les habitants de Russie centrale et du sud, deux fois plus sujets aux maladies du système endocrinien et trois fois plus à celles du système digestif », énumère le Dr Telibaïeva.

Les cas de dépressions sont aussi fréquents. « Les gens manquent d’énergie, font tout au ralenti et ont du mal à effectuer des tâches complexes », souligne le médecin-chef. Combiné au manque de lumière, le manque d’oxygène provoque également des migraines, qui peuvent devenir chroniques. […]

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Manon Masset

Dernières nouvelles de la Russie

International

Charles Michel à Moscou : la Belgique intermédiaire entre l’UE et la Russie ?

Le Premier ministre belge Charles Michel a clôturé mercredi 31 janvier une visite de trois jours à Moscou. L’occasion pour lui de briser la glace avec les dirigeants russes. Sept ans que cela n’était plus arrivé. Le dernier déplacement d’un Premier ministre belge en Russie remontait à 2011. Pour l’occasion, Charles Michel a été reçu en grande pompe puisqu’il a rencontré son homologue russe, Dmitri Medvedev, et le président russe Vladimir Poutine. L’objectif de ce déplacement était clair : renouer le dialogue avec Moscou. Officiellement, via l’Union européenne (UE), la Belgique soutient les sanctions économiques adoptées par l’UE et les États-Unis contre la Russie depuis le début de la crise ukrainienne en 2014. Mais l’économie du royaume – son agriculture notamment – est touchée par l’embargo russe sur les produits européens (décrété en représailles aux sanctions occidentales). […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

1 février 2018
Société

Patinage artistique : la nouvelle reine Alina Zaguitova

En remportant neuf médailles dont deux d’or, les Russes ont largement dominé les championnats d’Europe qui se déroulaient le week-end dernier à Moscou. Parmi les stars, la jeune patineuse Alina Zaguitova qui s’est illustrée en remportant, à seulement 15 ans, la médaille d’or, devant sa compatriote Evguenia Medvedeva, double tenante du titre. Une nouvelle venue dans l’arène qui ne surprend plus dans un monde où les patineuses russes de talent sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes. Il en va souvent ainsi dans le monde impitoyable du patinage artistique individuel féminin en Russie. À peine une athlète a-t-elle le temps de poser la couronne sur sa tête qu’une plus jeune, plus belle et plus forte vient lui voler la vedette. Aux Jeux olympiques de Sotchi, la championne olympique Adelina Sotnikova (21 ans) a ainsi été éclipsée par la jeune Ioulia Lipnitskaïa (19 ans), elle-même rapidement oubliée, suite à sa décision de mettre un terme à sa carrière pour raisons de santé, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

26 janvier 2018
Économie

Ces Russes qui spéculent sur les cryptomonnaies

Malgré la récente chute du bitcoin, l’engouement pour les monnaies numériques ne faiblit pas en Russie. Pour la première fois, un groupe d’investisseurs vient d’acheter une centrale électrique en Sibérie pour le minage (fabrication et sécurisation des cryptomonnaies sur réseaux*). Mais qui sont ces Russes qui osent se lancer dans l’aventure des monnaies virtuelles ? Le Courrier de Russie a identifié trois téméraires qui croient, dur comme fer, en l’avenir des cryptomonnaies. Le précurseur ‒ Mikhaïl Chliapnikov En 2014, Mikhaïl Chliapnikov avait déjà créé sa propre monnaie, le kolion. Baptisé d’après le village de Kolionovo, où se trouve sa ferme dans la région de Moscou, le kolion était imprimé sur du papier photographique en coupure de 1,3,5,10,25 et 50. La monnaie n’avait aucune valeur et était utilisée comme unité de troc avec le voisinage. À l’époque, l’initiative de ce banquier-anarchiste avait fait grand bruit en Russie. Le fermier avait été condamné par la justice russe qui l’avait obligé à détruire ses billets, estimant que Chliapnikov « menaçait l’intégrité du système monétaire national ». Cependant, l’idée d’utiliser sa monnaie comme moyen de paiement et d’investissement n’a pas quitté l’agriculteur qui, à l’arrivée du bitcoin, a suivi la tendance et transformé ses kolions en monnaie virtuelle. En avril 2017, l’agriculteur lance avec succès une ICO (levée de fond sur le marché des cryptomonnaies). Des investisseurs achètent pour 400 bitcoins à l’ICO, l’équivalent de cinq millions de dollars (au cours du 15 janvier). Aujourd’hui, un kolion vaut sept dollars et Mikhaïl Chliapnikov utilise sa cryptomonnaie comme instrument financier pour développer sa ferme. Contre des kolions, les clients de la ferme achètent déjà des produits, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

24 janvier 2018