Seule contre l’État islamique

Alors que 1 800 Russes se battent actuellement dans les rangs de Daech, selon les estimations du ministère russe de l’intérieur, au Daghestan, une femme mène un combat quotidien pour empêcher les jeunes de sa république de rejoindre le djihad, et surtout pour faire revenir ceux qui sont déjà partis. Elle se nomme Sevile Novrouzova et dirige le Centre pour la réconciliation et l’entente, à Derbent. Le site d’informations Etokavkaz.ru l'a rencontrée.Etokavkaz.ru : Connaissez-vous beaucoup d’histoires à la fin heureuse, dans votre pratique ?Sevile Novrouzova : Je ne peux pas citer de noms de famille, mais il n’est pas rare de voir de jeunes Daghestanais revenir, aussi bien de l’EI que de « la forêt », comme on dit : de la clandestinité terroriste du Caucase. Très récemment encore, nous avons réussi à ramener en Russie un jeune homme depuis la ville de Raqqa, en Syrie. Il y travaillait comme cuisinier sur une base militaire. Ici, il a été jugé, mais s’en est sorti avec une peine de sursis. Et ce qui compte, c’est qu’aujourd’hui, il est chez lui, avec ses proches ; il s’apprête à travailler comme prof de sport. Nous sommes en contact permanent, et je suis absolument sûre de lui. Il ne veut même pas se souvenir de ce qui s’est passé là-bas, et encore moins en parler à la presse. Nous avons un accord avec ces gens : nous nous engageons à ne pas dévoiler les secrets de leur vie privée.Etokavkaz.ru : Qu’est-ce qui les pousse à changer d’avis, à revenir sur leur décision ?S.N. : C’est tout à fait consciemment qu’ils rejoignent l’État islamique, avec le projet d’y vivre en accord avec les lois de la charia. Mais quand ils arrivent en Syrie, leurs « frères » leur confisquent immédiatement leurs passeports et tout moyen de communication. C’est là qu’ils commencent à éprouver leurs premiers doutes.Ensuite, généralement, ils sont envoyés dans des camps où ils comprennent que les gens ne sont pas tous égaux ; que les locaux bénéficient d’une série de privilèges alors que les arrivants sont relégués au second plan. Ils sont punis s’ils se servent d’un téléphone en cachette, s’ils envoient des sms chez eux. Ils sont confrontés à des difficultés qu’ils n’auraient même jamais imaginées avant. Ils sont battus. Et alors, ils comprennent qu’ils sont devenus des esclaves.Mais ils ne peuvent pas tous revenir, même s’ils le veulent. Certains sont blessés et ne peuvent pas se tenir debout. Beaucoup ne peuvent pas sortir de la ville fermée où ils se trouvent pour reprendre le chemin de la Turquie. Ceux qui y parviennent attendent d’être en Turquie pour prendre contact avec leurs familles,

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Sergueï Lavrov : « L’Union européenne n’est pas un partenaire fiable »

Rencontre Macron-Poutine d’août, échange de prisonniers entre Moscou et Kiev, négociations sur le Donbass : le ministre des Affaires étrangères revient, dans un entretien accordé à Kommersant, sur les grands dossiers internationaux de ces dernières semaines.

 

16 octobre 2019

Igor Kolomoïski : « La guerre dans le Donbass sert les intérêts de Washington »

Le milliardaire Igor Kolomoïski, revenu en Ukraine fin mai après deux ans d'exil, est souvent qualifié de « parrain » du nouveau pouvoir à Kiev. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire ukrainien Novoïe Vremia, il s'est longuement exprimé sur la situation économique du pays et sur le conflit dans le Donbass.

 

19 juillet 2019

Les Russes en mal de solidarité

« Les Russes ont la nostalgie du « nous », dont témoignent leurs accès chroniques de néo-stalinisme. Dans leur esprit, l’URSS apparaît aujourd’hui comme un pays des merveilles, où ils étaient tous frères et vivaient de victoires communes. » L’écrivain Andreï Desnitski revient sur trente ans d’aspirations des Russes.

 

25 juin 2019