Moscou se dote de son premier refuge non gouvernemental pour femmes battues

Chaque année, plus d’un demi-million de femmes sont victimes de violences conjugales en Russie, selon les statistiques officielles du ministère russe de l’intérieur. Mais les infrastructures pour accueillir celles d’entre elles qui décident de fuir sont encore rares. Le Courrier de Russie s’est rendu dans l’unique refuge non gouvernemental pour femmes battues de la région de Moscou.

Situé à 25 km au sud-est de la capitale, sur le territoire du monastère Novospassky, le refuge de Kitezh, ouvert en mars dernier, est difficile d’accès et n’est indiqué par aucun panneau. « C’est une question de sécurité. Nos hôtes sont des fugitives, elles ont peur d’être recherchées par leur famille », justifie, sur le chemin de terre qui mène à la maison, Alena Estova, 48 ans, la directrice du centre d’aide.

L’endroit n’a pas été choisi au hasard. Le territoire du monastère, ancienne propriété traversée par une rivière, possède sa propre ferme, son atelier pour fabriquer du pain, ainsi que quelques vaches et chèvres, pour produire du lait et un peu de fromage. « Nos pensionnaires sont généralement contentes de s’occuper l’esprit avec un travail concret, manuel et souvent en extérieur », ajoute Alena, qui apprend à ses hôtes à planter et récolter des fruits et légumes dans le potager.

Le refuge est une maison à quatre façades et deux étages, dissimulée derrière quelques arbres, à cinquante mètres de l’édifice religieux. « Chut, c’est l’heure de la sieste », me chuchote Alena en ouvrant la porte. Affiché au mur de l’entrée, un emploi du temps détaille les tâches quotidiennes à effectuer, les heures de repas et de loisirs. « Il faut, par exemple, prévoir une plage horaire pour la promenade, sinon, elles ne sortent pas », précise la directrice.

L’intérieur est relativement sombre, étant donné le peu de fenêtres. Le regard est immédiatement attiré par le jardin. Sur l’herbe verte et sauvage, […]

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Manon Masset