Qui sont les hommes qui défendent Sébastopol. Bratislav, un des Chetniks, procède au premier contrôle

Qui sont les hommes qui défendent Sébastopol ?

Face à l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement ukrainien, la Crimée s’est déclarée prête dès la fin février à faire sécession. Plusieurs barrages routiers spontanés se sont établis sur le territoire de la péninsule, au nord d’abord, à la « frontière » avec l’Ukraine, puis autour de la ville de Sébastopol. Qui sont les hommes qui y montent la garde ? Le Courrier de Russie a passé la journée du 11 mars à leurs côtés, sur le bord de la route Simferopol-Sébastopol.

« T’es sûr que c’est pas un espion ? », demande nerveusement Sacha, motard du célèbre club Les Loups de la nuit [Nochnye Volki], en me regardant dans le rétroviseur intérieur de sa vieille Lada Samara. « Non, ne t’inquiète pas », répond, mon contact, tentant de calmer les ardeurs du chauffeur.

« Ok, alors on y va », lance le motard, rasséréné. Direction le poste de contrôle de Sébastopol nord, un des quatre barrages routiers construits par les habitants de la Crimée autour de la ville dans la nuit du 26 au 27 février, trois jours après l’annonce d’une possible abrogation de la loi qui conférait au russe le statut de langue officielle régionale en Crimée et dans l’est du pays.

Le poste nord est le plus important, autant par sa taille que du fait d’une position stratégique : il est situé sur la route reliant Sébastopol à la capitale de la république, Simferopol, et à quelques kilomètres seulement de Bakhtchisaraï, bastion des Tatars – farouchement opposés à toute réunification avec la Russie.

Le « barrage » est en soi assez sommaire. L’arrivée sur Sébastopol est ralentie par un slalom traditionnel délimité par des plots de béton. Des drapeaux russes flottent sur toutes les cabanes en bois qui jonchent le périmètre. Des pancartes de la nouvelle religion offrent un peu de lecture aux automobilistes, pour patienter. Elles affirment notamment : « La Russie a toujours été un cimetière pour les idées faisant l’apologie du mal. On ne peut pas vaincre les cimetières – on ne peut seulement y rester. Pour toujours. Amen. »

Ni barrières, ni barbelés – une simple herse rouillée disposée sur le côté à destination de ceux qui tenteraient de forcer le barrage. « Elle n’a jamais servi », me confie d’ailleurs un jeune homme, un « petit gars du coin » comme ils aiment à dire par ici – épaules larges et tenue de camouflage. Sur sa veste, pas de signe d’appartenance, à l’exception d’un badge indiquant : « OBR ».

Autodéfendons-nous

L’OBR, ou Brigade de réaction rapide, est un des plus importants groupes d’autodéfense formés par la population de Sébastopol. L’organisation recense une centaine de volontaires, […]

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Thomas Gras

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30 novembre 2017
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27 octobre 2017