Femme tchétchène

Femmes tchétchènes, qui sont-elles ?

Sur une colline - lui et elle. Ils se tiennent éloignés l'un de l'autre, elle  — de dos, lui - la tête baissée. Comme il convient. C'est un rendez-vous - le premier pas de la femme tchétchène dans un cercle fermé, dont il est impossible de se sortir. Et si la vie est bien un poème d'amour, la rime de celui-ci est toujours la même : c'est la coutume, c'est la coutume, c'est la coutume... La correspondante de la revue Ogoniok Marina Akhmedova a rencontré des femmes tchétchènes avec qui elle discute des immuables coutumes de leur pays.À Atchkhoï-Martan, il y a des mariages tous les week-ends - un ou deux. Il y aura des danses et de tirs de fusil. La fiancée est l'être le moins remarquable et le moins actif de toute cette cérémonie - elle se tient toute la journée assise, sans rien dire, dans un coin de la maison du fiancé. Une vie plus tôt, sa mère s'était tenue dans ce même coin ; il y a deux vies de ça, c'était sa grand-mère ; et quand sa vie à elle se terminera - ce seront ses filles et petites-filles. Ou peut-être pas.Nous sommes chez la Tchétchène Amina. Elle se plaint de la jeunesse tchétchène : elles se maquillent (selon moi, très modérément), portent des mini jupes (un peu au-dessus du genou), et, peut-on le croire, il arrive, à Grozny, que la fiancée danse à son propre mariage...— On leur voit le ventre, s'indigne Amina. C'est désagréable à regarder. Pour rien au monde, je ne prendrais une fiancée comme ça pour mon fils.Les vêtements provocants sur les filles, dit-elle, attirent l'attention des autres hommes et conduisent à la haine entre les taïp, les clans. Une femme mariée doit absolument porter un fichu, pour que tout le monde le comprenne : " je suis mariée, n'approchez pas ".

« Tout doit rester à l'intérieur. C'est la coutume »

La belle-fille d'Amina a préparé des galettes de maïs. Elle met la table. Cette fille a plu au fils, la mère est allée " la regarder ". Peu importe à Amina si la fille est grande ou petite,  grosse ou maigre. L'important est de savoir si elle est modeste et qui sont ses parents.— Vous êtes une belle-mère sévère ?, je demande à Amina.— Non. Mais c'est ce qu'il faut. Amina jette un œil sur sa belle-fille. Et si on ne fait pas comme ça, nos coutumes s'effondreront. Amina s'est mariée tard - à 18 ans. La famille du fiancé est venue, l'a demandée. Son père a accepté.— Votre fiancé vous plaisait ?, je lui demande.— Comment te dire... Probablement, il ne me plaisait pas. Mais on m'a obligée. J'ai terminé l'école, je rêvais de poursuivre mes études, je voulais devenir couturière. Personne ne se presse pour se marier, c'est un travail dur. Quand ils m'ont prise, j'ai pleuré. J'ai mis deux ans à m'habituer. Je lavais le linge, je faisais le ménage, je mettais la table pour eux, et à l'intérieur, je n'arrêtais pas de les maudire. Et je me disais : " Tu n'es pas la première, tu n'es pas la dernière. Sois dure. C'est ce qu'il faut... " Amina considère que son cœur, désormais, est le muscle le plus puissant de son organisme - il s'est endurci, est devenu presque de pierre.Nous sortons dans la cour,

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Traduit par Julia Breen

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