Quel avenir pour la famille russe ?

Le programme gouvernemental intitulé « Conception de la politique familiale d’État à l’horizon 2025 » a provoqué un large débat dans les médias russes. Le document y est notamment taxé de trop conservateur du fait de « l’intervention de l’État dans les affaires de la famille » et de l’accroissement du rôle de l’Église dans la politique familiale.


Le programme gouvernemental intitulé « Conception de la politique familiale d’État à l’horizon 2025 » a provoqué un large débat dans les médias russes. Le document y est notamment taxé de trop conservateur du fait de « l’intervention de l’État dans les affaires de la famille » et de l’accroissement du rôle de l’Église dans la politique familiale. Elena Mizoulina, députée du parti Russie Juste et une des auteurs du document, éclaircit certains points.

Famille russe traditionnelle
Famille russe traditionnelle

Sur la famille

Les auteurs du rapport estiment que la famille est « l’union d’un homme et d’une femme, enregistrée par l’État ou par les institutions religieuses ». Le document précise qu’une « famille idéale » est celle abritant plusieurs générations sous le même toit. La députée estime que « la grande famille à plusieurs générations a toujours été une tradition russe. Aujourd’hui, une famille sur trois réunit plusieurs générations : et ce n’est pas simplement lié à la difficulté de se loger, c’est un choix véritable. »

Sur les enfants

Le document prévoit également « plusieurs enfants » dans la famille – idéalement, trois. Les députés y fixent pour objectif de surmonter la crise démographique, et misent notamment sur les familles nombreuses comme « familles les plus solides ». Les chiffres officiels indiquent que 87% de ces familles nombreuses, en Russie, sont « complètes » : c’est-à-dire réunissant un père et une mère.

Sur le mariage à l’église

Le document propose d’égaliser mariage religieux et mariage civil. La députée estime que la société russe a actuellement tendance, en effet, à préférer le mariage religieux au civil. Et les auteurs du document veulent ainsi permettre aux croyants d’obtenir un justificatif officiel de l’union sur la base de l’acte d’église. Le mariage religieux, pour l’heure, n’est pas reconnu par l’État russe.

Sur le rôle de l’église

Elena Mizoulina assure que le rôle des Églises a considérablement augmenté au cours des dernières années. Les représentants des trois confessions les plus nombreuses (orthodoxes, musulmans et juifs) participent activement aux débats parlementaires, notamment sur les questions touchant à la famille. Et leurs avis convergent. La députée précise que des représentants de chacune des confessions ont également pris part à l’élaboration du programme .

Sur le divorce

Afin de réduire le nombre de divorces (il concerne un mariage sur deux en Russie, assure le rapport), le texte prévoit d’établir une « taxe » en cas de dissolution du mariage, dont s’acquitteront les deux époux. Les fonds récoltés seront notamment versés à un Fonds des pensions alimentaires, qui soutiendra les familles en difficulté. Les hommes qui ne s’acquittent pas de leur pension alimentaire se verront interdire de quitter le pays ou d’effectuer des achats importants.

Sur l’avortement

Le rapport incite à « former une image négative » de l’avortement dans la société, souligne que l’acte ne doit pas « être perçu comme une chose banale ». Elena Mizoulina mise, parallèlement, sur la promotion de la maternité et de l’enfance, et propose des mesures de soutien financier pour les femmes enceintes se trouvant dans des situations difficiles. La contraception n’est pas évoquée dans le texte.

Le document a été conçu au sein du Comité sur les affaires des familles, des femmes et des enfants auprès de la Douma d’État, avec la participation d’experts extérieurs et de représentants des confessions présentes sur le territoire russe.  « Notre conception se base sur les valeurs russes traditionnelles. Les statistiques montrent que ces valeurs, même ébranlées aujourd’hui, continuent de jouer un rôle essentiel », affirme Elena Mizoulina. Tout en précisant que le document en question n’en est qu’au stade de l’ébauche.