S'abonner, c'est soutenir une rédaction indépendante basée à MoscouDécouvrir nos offres

Russie, ma prison

Russie, ma prison

395 centres de détention et 950 colonies pénitentiaires pour une population totale de 722 000 détenus – les prisons couvrent l’ensemble du territoire russe, même si c’est en Sibérie et dans les environs du Cercle polaire qu’elles sont le plus concentrées. Depuis la fermeture du dernier goulag en 1953, le système pénitentiaire russe a subi plusieurs séries de réformes dont la dernière, amorcée en 2010, a sensiblement amélioré les conditions de détention des prisonniers. Les mœurs, quant à elles, sont plus difficiles à « moderniser » : violences et tortures sont toujours au rendez-vous.  

читать по-русски

DÉFINITION :" Les centres de détention préventive (SIZO, en russe) rassemblent les personnes accusées de crimes graves et dont les juges d’instruction estiment l’isolation nécessaire. Les détenus restent dans ces centres tout au long de l’enquête et du procès, jusqu’à l’énoncé du verdict. Dans les SIZO, les prisonniers passent leur temps enfermés dans des cellules collectives ou individuelles et ne travaillent pas.Si le verdict reconnaît l’accusé coupable, celui-ci est dirigé vers une colonie pénitentiaire (en russe, KOLONIA ou ZONA) pour y purger sa peine. La colonie est une véritable cité possédant, outre des foyers pour les prisonniers, des ateliers, une cantine, un club, une bibliothèque, une école, un hôpital et une zone de promenade. Dans les colonies, les détenus travaillent pour la plupart."
Prisons prévues pour 4 000 personnes et qui en « accueillent » 12 000, cellules surpeuplées, détenus contraints de dormir à tour de rôle et de passer le reste de leur temps debout, pressés entre les corps des autres malheureux – cette réalité de la prison russe des années 1990 semble révolue. Les prisons demeurent bondées mais la pénurie de places est moins criante : on compte aujourd’hui, en moyenne, six couchettes pour huit personnes. Boris Panteleev, militant pour les droits des prisonniers, confirme : les conditions de vie des détenus se sont, en 20 ans, nettement améliorées. Plus de viande pourrie au déjeuner mais des soupes au chou, patates, sarrasin et autres plats « bio ». Des médecins un peu plus attentionnés et disponibles et un nombre de morts parmi les prisonniers en baisse – ils étaient 315 en 2009 et « seulement » 258 en 2011. « Les chiffres ne sont pas des plus réjouissants, nuance cependant Alexeï Velitchko, directeur adjoint du Service fédéral d’application des peines (FSIN), mais leur évolution est positive ; la qualité des services médicaux dans les centres de détention est indéniablement meilleure. » Autre signe de l’humanisation du système pénitentiaire : les détenus sont désormais autorisés à recevoir des colis de leurs familles dès leur arrivée – il y a vingt ans, ils n’en obtenaient le droit qu’après avoir purgé la moitié de leur peine.Au cours de la dernière décennie, les cellules ont été rénovées et les toilettes ceintes de cloisons. Avancée qui, selon Boris Panteleev, témoigne mieux que tout de la volonté de l’administration de « civiliser » les prisons. La cloison préserve la dignité des prisonniers et empêche la puanteur de se répandre dans la cellule : avant,

Il vous reste 75% de l'article à consulter...

Créez votre compte et accédez gratuitement à 3 articles par mois

Je crée mon compte

Déjà abonné ? Se connecter

Maria Gorkovskaya