Cours de journalisme, par Vladimir Poutine

Cours de journalisme, par Vladimir Poutine

Une semaine après son licenciement du poste de rédactrice en chef du magazine Vokrug sveta [Autour du monde, Ndt] pour avoir refusé de couvrir le vol de Vladimir Poutine avec des grues de Sibérie, Macha Guessen s’est vue proposer son ancien siège par le président en personne. Elle a raconté à Bolchoï gorod sa rencontre avec le président russe.

Cours de journalisme, par Vladimir PoutineCours de journalisme, par Vladimir Poutine

« J’aime les oiseaux, les chats et les bestioles en tout genre », m’a avoué le président. Le ton de notre rencontre était donné. Tout au long de notre entretien, il s’est adressé à moi comme le héros d’un mauvais roman, un personnage en deux dimensions, très proche de l’image que je lui donne d’ailleurs dans mon ouvrage The Man Without a Face: The Unlikely Rise of Vladimir Putin.

Le plus comique est qu’une semaine avant ma rencontre avec le président, je lui ai crié dessus. Replaçons les choses dans leur contexte. A la veille de son invitation, j’avais en quelque sorte célébré avec des amis mon licenciement du poste de rédactrice en chef du magazine Vokrug sveta. Cette décision avait été prise après mon refus d’envoyer un correspondant couvrir le vol de Vladimir Poutine avec les grues. Le lendemain matin, je me levais à 6 heures pour prendre un avion en direction de Prague. Et c’est alors que j’étais assise dans un taxi tchèque qu’un numéro masqué m’a appelé :

— Maria Aleksandrovna ? Ne quittez pas, nous vous mettons en correspondance.

Je reste donc en communication environ deux minutes, la moutarde me montant au nez.

— Maria Aleksandrovna ?, me demande une nouvelle voix. Je vous mets en correspondance.
— Avec qui ?, je commençais à perdre mon calme. Qu’est-ce que c’est que ça ? Vous pourriez au moins vous présenter, non ?
— Vladimir Vladimirovitch Poutine à l’appareil.
— Ah, bonjour.
— J’ai entendu dire que vous avez été licenciée et que j’en suis désigné – involontairement – comme responsable. J’en suis désolé. Mon investissement dans la protection des grues n’avait rien à voir avec la politique. […]

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Traduit par Thomas Gras

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30 novembre 2017
Société

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8 novembre 2017
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27 octobre 2017

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