Anna Pinguina : « La terre du Kouban vous donne sa force, celle de Moscou vous mange »

Anna Pinguina écrit et interprète ses chansons, mélange de musiques populaires russes, caucasiennes, balkaniques portées par une voix brisée par l’émotion. Rencontre entre deux concerts à Moscou.

Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.

Anna Pinguina : Je l’ai passée au Kouban. Beaucoup de gens disent que la terre y est forte, parce que tout y pousse. Alors qu’à Moscou la terre vous mange.

[lcdr] : Comment ressentez-vous cette force ?

Anna Pinguina : Elle influence les gens. Peut-être parce que j’y suis née, c’est un élément qui me nourrit, peut-être que n’importe qui peut dire la même chose pour sa patrie. Ma création, mes œuvres sont nourries de cette terre. J’ai commencé à chanter, à créer sur cette terre, je chantais déjà quand ma babouchka me promenait en poussette, je devais avoir moins de deux ans et avais alors une voix de basse, tout le monde me prenait pour un garçon !

[lcdr] : Une fois sortie de la poussette ?

Anna Pinguina : À trois ans, on m’a montré comment fonctionnait un tourne-disque et ma vie s’est alors mise à tourner autour de lui: je chantais et apprenais à reconnaître les premières, deuxièmes, troisièmes voix.

« À onze ans, j’ai créé mon premier groupe»

[lcdr] : Puis…

Anna Pinguina : Puis une période où j’allais au palais des Pionniers, c’était une enclave où on pouvait faire de la création de haute qualité. À onze ans, j’ai créé mon premier groupe, je jouais de la basse et je chantais. C’est à ce moment-là que j’ai compris que ça ne m’intéressait pas d’interpréter des chansons populaires écrites par d’autres, ça ne me parlait pas. J’ai alors compris qu’il fallait que je chante quelque chose que je crée moi-même, […]

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Jean-Félix De la ville Baugé