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Stade de football pour la coupe du monde 2018, Kazan. Crédits : stroykarelia.ru

Kazan Antipolis

À Kazan, l’interphone de votre immeuble vous donne les dernières nouvelles de la journée, les chauffeurs de bus annoncent les arrêts en anglais et votre téléphone portable vous suggère gentiment le restaurant halal le plus proche. Dans la capitale du Tatarstan, un jeune sur deux travaille dans le secteur des nouvelles technologies de l’information. Attirés par un climat d’affaires particulièrement clément, ils affluent à Kazan de toute la Russie pour transformer la ville en un vaste terrain d’expérimentation pour les nouvelles technologies. Reportage de Kommersant Dengui.

« Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de me farfouiller là-dedans ?! » : Olessya Baltoussova me lâche brusquement, au beau milieu de la rue Rakhmatoullina, dans le centre de Kazan – elle se faufile par une brèche de la palissade la plus proche et découvre, sur le territoire d’un monument historique, une pelleteuse en plein travail. Elle sort son téléphone. Olessya est une légende à Kazan. Blogueuse et journaliste, elle s’est fait une réputation au moment où les grands travaux ont commencé à transformer la capitale du Tatarstan en ce paradis pour entreprises innovantes qu’elle est aujourd’hui. Olessya s’est alors lancée dans la défense du patrimoine historique, écrivant en 2011 une lettre au président tatare, Roustam Minnikhanov, pour lui proposer une visite guidée de Kazan : afin qu’il sache quels monuments étaient menacés. Plus tard, Minnikhanov, dans une interview, a confié que son entourage, sur le moment, l’avait prévenu : « Elle est folle, n’y allez pas. » Mais il a fait la visite guidée – et depuis, Olessya est son adjointe.

« C’est bon, c’est Beeline qui installe une ligne, tout va bien », se justifie une voix dans le téléphone d’Olessya. Elle examine méticuleusement tout le territoire alentour, puis nous repartons.

« Dans le centre, ils n’arrêtent pas de vouloir construire des tours en verre, des immeubles de bureaux. Je leur demande à chaque fois : mais pourquoi vous construisez encore des bureaux ?, s’emporte Olessya. Des bureaux, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le soir, tout le monde s’en va, les portes sont fermées à clé, il reste à peine quelques lampes allumées… c’est inhabité, et ça fait froid dans le dos. Mais aujourd’hui, toutes les entreprises veulent avoir leurs bureaux dans le centre. Avec les places de parking, c’est la catastrophe, toutes les rues sont encombrées – mais non, tout le monde veut quand même s’installer dans le centre. Et à cause de ça, le centre de Kazan ne vit plus : alors qu’il faut de la vie dans une ville – de la lumière aux fenêtres, des chats qui se baladent, du linge qui sèche, des gens assis sur les bancs… »

Le parc des communications

L’époque où le linge séchait dans les rues de Kazan est loin derrière : un programme de destruction des logements vétustes du centre a été lancé dès le milieu des années 1990. Ensuite, en 2005, Kazan a fêté son millénaire ; et enfin, tout ce qui restait des immeubles anciens a été liquidé au nom de l’Universiade 2013. […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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