Le Courrier de Russie

Saransk : la ville-paradoxe de Gérard Depardieu

La cathédrale cathédrale de saint Fiodor Ouchakov Crédits: outdoors.ru

Saransk est la capitale de la région ensoleillée de Mordovie. Longtemps ville de province des plus ordinaires, on en entend de plus en plus souvent parler, ces derniers temps, dans les médias russes, voire mondiaux. Saransk a été à une époque la résidence et le lieu de travail du philosophe carnavaliste Mikhaïl Bakhtine, et la ville s’inscrit très naturellement dans sa conception du dialogisme : le sérieux et l’humour se complètent ici pour créer une vie locale paradoxale.

Saransk est une ville de clichés. Pour la majorité des habitants de Russie, cette petite ville de la région de la Volga est désormais associée à la marche sportive, au championnat du monde de football, à l’appartement de Gérard Depardieu et aux blagues sur « Mordor », démodées depuis 15 ans. Il reste tout de même certains farceurs qu’amusent toujours les jeux de mots sur « Mordovie-Mordor » et « Saransk-ville de Sauron » [référence au Seigneur des anneaux, ndlr].

Bien que du temps a passé sous les ponts depuis l’époque où Saransk rappelait effectivement la ville de Sauron en termes d’infrastructure et d’atmosphère : aujourd’hui, elle ressemble à une ville européenne. Extérieurement, du moins. Par endroits, du moins. Certes, il reste des quartiers de Saransk où il vaut mieux ne pas aller, histoire de ne pas gâcher l’impression positive globale.

Ils ont ici et leur « banlieue 13 », et leur « Bronx » : respectivement, le micro-quartier n°6 et la centrale thermique n°2.

Saransk est une ville de marécages. Pas dans le sens où l’on n’y aurait jamais entendu parler de revêtement routier (au contraire, les routes de Saransk sont parmi les meilleures de la région de la Volga, et le centre-ville est même entièrement recouvert de pavé).

C’est une affaire de mentalité. A ce niveau-là, Saransk est une ville provinciale typique : un véritable marécage informatif. Ici, parfois, il ne se passe absolument rien de rien – et les médias locaux sont obligés de sucer et resucer les sujets « jusqu’au trognon ». Les « médias locaux », […]