Roman Sebekine : « Ici, à Volgograd, nous recyclons pratiquement tout »

En une chaude journée de printemps, Roman Sebekine a posé son Ipad par terre, en face de l’ambassade américaine – il ne peut pas le prendre avec lui, et n’avait nulle part où le laisser. Quand il revient, l’Ipad l’attend. Et son visa étudiant pour les États-Unis, il l’a dans la poche : même en pleine crise ukrainienne, les Américains n’ont pas pu dire non à ce jeune Russe en polo rose qui n’a qu’une chose en tête – trouver toujours de nouvelles idées pour recycler les déchets plastique.-      J’ai une fille qui va au jardin d’enfants, dit Roman. Là-bas, ils font la collecte des piles usagées : une pile pour sauver un hérisson. Et à la fin du mois, ils comptent combien de hérissons ils ont sauvés. Ça va dans le sens de l’écologisation du pays. Quoique, de toutes les villes où j’aie été, Volgograd est probablement la seule où on peut tout apporter au recyclage.-      Le cellophane aussi ?, demandé-je en souriant, en comparant avec mon expérience de Moscou : il n’y a nulle part où apporter le cellophane.-      Oui. Nous collectons absolument tous les déchets plastique. Le papier, c’est une autre entreprise de la ville qui s’en charge.-      Même les emballages Tetra pak ?-      Nous voudrions les recycler aussi. Nous sommes en contact avec une société indienne, ils possèdent la technologie nécessaire. Si nous accumulons des emballages Tetra pak, nous ferons des échanges avec eux et nous commencerons de les recycler.-      Et qu’est-ce que vous leur donnerez en échange ?-      La technologie de fabrication du polystyrène béton.-      Vous l’avez conçue vous-mêmes ?-      Elle existait depuis longtemps, mais nous l’avons améliorée. On ne pouvait strictement rien faire des emballages de plastique cellulaire. Mais nous, nous les ajoutons aux blocs de béton polystyrène, et ça donne un matériel allégé et solide. Le matériau que nous produisons a même déjà servi à la construction d’un jardin d’enfants privé.-      Comment en êtes-vous arrivé là ? On ne vous parlait pourtant pas de hérissons, à vous, à l’époque du jardin d’enfants ?..-      Par hasard. Je devais construire ma maison. J’ai choisi une approche inhabituelle : acheter de l’équipement, fabriquer mes blocs, construire ma maison avec et en faire un business. J’avais acheté de l’équipement ordinaire pour la fabrication de blocs de béton d’argile expansée. Ensuite, j’ai vu que c’était un matériau très lourd. J’ai commencé de chercher comment l’alléger et le rendre plus isolant, et j’ai décidé d’ajouter des billes de polystyrène expansé. Je suis allé à l’usine qui fabrique ces granules,

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Traduit par Julia Breen

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