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La Russie bouddhiste, En Bouriatie, au datsan d'Ivolguinsk, les bouddhistes se préparent à la fête du Nouvel An. Crédits : Zorikto Dagbaev / TASS

La Russie bouddhiste

Selon différentes estimations, il y aurait environ 1,5 million de bouddhistes en Russie, soit 1 % de la population. Ce chiffre comprend les Russes convertis à un bouddhisme version occidentale, mais aussi les peuples autochtones, adeptes de cette religion depuis des siècles. Il s’agit des Kalmouks du nord de la Caspienne, des Touvains qui peuplent les monts de l’Altaï, et des Bouriates qui habitent les rives du lac Baïkal. C’est en Bouriatie que s’est rendue Olga Andreeva, correspondante de la revue Rousskiï Reporter pour un reportage sur les bouddhistes locaux.

« Tu te lèves, tu te laves, tu fais tes offrandes aux protecteurs, tu leur verses du lait dans une écuelle ; dans la journée, tu ne fais pas le mal, tu n’offenses pas les êtres vivants ; le soir, tu lis les mantras. C’est comme ça que vit un bon bouddhiste », m’explique une vieille Bouriate dans la marchroutka1 qui m’amène au datsan2 de Verkhneberezovski, dans les environs d’Oulan-Oude.

Depuis la route, le datsan produit une impression étrange. Un grand champ s’étend d’abord, parsemé de petites isbas russes, desquelles s’élèvent les fumées des poêles. Tout est modeste, pauvre. Au fond pourtant, entre les isbas, quelque chose scintille, aveuglant. Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, toutes les teintes du monde : ce sont les légendaires dougans3 avec les pointes recourbées de leurs toits, leurs dragons et leurs lions, leurs rubans et leurs petits drapeaux, leurs tambours de prière et leurs cloches. Dans les cours enneigées, de jeunes disciples s’agitent, en tuniques pourpres. La vieille Bouriate va faire tourner le tambour, et moi, je tente de m’habituer à ce qui m’entoure.

Tous les datsans de Bouriatie offrent deux types de services : astrologiques et médicaux. Tout est gratuit, mais l’offrande au lama est considérée comme une bonne action. Depuis la nuit des temps, les temples de Bouriatie sont entretenus exclusivement grâce aux ressources des paroissiens. Selon la tradition, un Bouriate sur dix devient lama, les neuf autres le nourrissent. En échange de quoi ? De sa connaissance du tibétain, du chinois et du sanskrit, de son excellent enseignement philosophique, de la destinée monastique qu’il a choisie volontairement. Pour son accessibilité, aussi : chaque clan bouriate possède son datsan – et donc aussi ses sages maison.

Les bouddhistes d’ici ne croient pas dans une spiritualité supérieure.

Je pénètre dans un couloir semi-obscur, pas très propre, avec de modestes bancs le long des murs. On y fait la queue pour aller voir le lama, il y a dix personnes.

« Nous voulons vendre notre appartement, dit une voix de femme de l’autre côté de la porte. Nous voudrions faire construire une maison à la campagne. Mon fils s’est marié, il a eu un fils, il faut leur offrir de bonnes conditions, vous comprenez. »

Qu’est-ce qu’un moine ayant passé la plus grande partie de sa vie dans un datsan, dans un dénuement total, peut comprendre à la vente d’un appartement, je ne vois pas bien. Mais ça semble ne déranger personne.

« Votre fils ne doit pas vendre cette année. Vendez-le vous- mêmes, indique le lama avec autorité. Construire cette année, en revanche, seul votre fils peut le faire. Ne vous approchez même pas du chantier. Vendre, ça oui. Vous pouvez. »

Une dame en toilette somptueuse sort. Son regard est clair et empli de soulagement. La visite chez un lama n’a rien à voir avec la confession chrétienne traditionnelle. Le lama n’a pas le droit de « lier et décider ». Il conseille. Avec qui se marier, comment tenir le domaine, […]

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Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

L’inquiétante nébuleuse des centres de désintoxication privés en Russie

Le 28 novembre dernier, la directrice du centre de désintoxication Phénix, situé en banlieue de Moscou, a été mise en examen dans l’affaire de la mort, en octobre 2017, de l’acteur Dmitri Marianov, qui y était soigné pour sa dépendance à l’alcool. Une première en Russie. Les centres privés de « thérapie par le travail », pullulent dans le pays. N’étant pas considérés comme des établissements médicaux, ils sont très peu contrôlés. Patients privés de droits, enlevés en pleine nuit ou réduits en esclavage… les Izvestia ont mené l’enquête.Il aura fallu plus d’un an – et un travail de fourmi – pour traîner le centre Phénix devant les tribunaux. Après avoir épluché les relevés de communications téléphoniques de toute la petite ville de Lobnia, où le centre est situé, et mené des dizaines d’interrogatoires, les enquêteurs ont fini par établir la responsabilité de la directrice, Oxana Bogdanova. Mise en examen fin novembre, elle risque jusqu’à six ans d’emprisonnement.L’enquête a en effet établi que Dmitri Marianov aurait pu survivre s’il avait été pris en charge, dès le matin du jour de sa mort (le 15 octobre 2017) par un chirurgien vasculaire.Selon des sources policières, à son arrivée au centre Phénix, le 5 octobre 2017, l’acteur, âgé de 47 ans, présentait déjà des risques de thrombose veineuse. La direction de l’établissement le met pourtant sous injections d’halopéridol (antipsychotique) et de phénazépam (anxiolytique), pourtant censés être prescrits exclusivement par un médecin. De plus, les piqûres sont effectuées par d’autres patients, et non par des membres du personnel soignant…Dmitri Marianov. Crédit : IzvestiaLe matin du 15 octobre, alors que Dmitri Marianov se plaint de fortes douleurs aux reins et à la jambe, Mme Bogdanova refuse d’appeler le SAMU, affirmant que l’homme cherche simplement un moyen de s’enfuir du centre. En réalité, poursuivent les enquêteurs, il faisait une hémorragie interne, consécutive à une déchirure de la veine iliaque.On peut supposer que la célébrité du patient, « morceau de choix » pour les centres de ce genre, a joué, en l’occurrence, en sa défaveur : la directrice a probablement craint une « mauvaise publicité ».Enlèvements « sur commande »Mais c’est aussi la célébrité de Marianov qui a permis de révéler l’affaire. Les cas de personnes se retrouvant placées, contre leur gré ‒ puis quasiment « otages » ‒ dans ces centres de désintoxication privés sont, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 janvier 2019
Économie

Coût de la vie en Russie : les hausses d’impôt prévues en 2019

Alors que les Russes voient leurs revenus réels chuter de façon constante depuis cinq ans, ils doivent se préparer à une nouvelle augmentation du coût de la vie cet hiver. En cause, principalement, les hausses de la TVA et du coût du carburant, qui vont se répercuter sur les prix de tous les produits de consommation courante. Le portail d’information News.ru passe en revue les mauvaises nouvelles.Avec l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2019, de la hausse des taxes sur le carburant, la Chambre russe des comptes (dirigée, depuis mai 2018, par l’ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine) s’attend à une nouvelle flambée des prix de l’essence et du diesel. Les taxes sont en effet passées de 8 200 à 12 300 roubles (de 107 à 160 euros environ) sur la tonne d’essence, et de 5 600 à 8 500 roubles (de 73 à 111 euros environ) sur la tonne de diesel.Essence, tabac, alcool…Si la Banque centrale ne prévoit qu’une augmentation de 4,5 % sur les prix du carburant au détail – soit d’environ deux roubles le litre – les experts, plus pessimistes, tablent sur le double. Quoi qu’il en soit, en pratique, cette hausse n’interviendra pas avant début avril : réunis à l’appel du gouvernement russe en octobre dernier, les dirigeants des grandes compagnies pétrolières ont accepté de geler leurs tarifs jusqu’au 31 mars. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 janvier 2019
Culture

Zaporojets, la voiture qui valait mille bouteilles de vodka

À la fin du mois de novembre 1960, la première ZAZ 965 sortait de l’usine automobile Kommunar, dans la ville de Zaporojié, en Ukraine soviétique. Aujourd’hui pièce de collection, la « Zaporojets » devient rapidement le véhicule familial le plus vendu en URSS. Sofia Krakova (Gazeta.ru) revient sur l’histoire et les différents modèles de cette voiture « balèze et bon marché », adorée des Russes. Reconnaissable entre toutes, la ZAZ 965 est immédiatement surnommée « la Bossue » pour la forme de sa carrosserie, qui rappelle celle de sa grande sœur italienne, la Fiat 600. Pour le reste, tout l’en distingue : autre moteur, autre boîte de vitesses, autre suspension et pneus élargis. La Zaporojets ne compte pas plus de 27 chevaux sous le capot… ou plus exactement, sous le coffre – les bagages étant relégués à l’avant, à la place habituelle du moteur –, mais les plus téméraires réussissent à pousser leur « Zazik » jusqu’à 90 km/h. « Savez-vous pourquoi la Zaporojets a le coffre à l’avant ? Parce qu’à une telle vitesse, il faut surveiller ses bagages ! », affirme une blague de l’époque. Les Russes n’ont jamais cessé de « charrier » la ZAZ 965, n’épargnant ni son aspect extérieur ni ses caractéristiques techniques, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 décembre 2018

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