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Touva. Crédits : restbee.ru

Touva : le petit Tibet

La république de Touva est l’une des dernières régions à avoir intégré l’État russe, et l’une des moins assimilées. Les traditions de nomadisme pastoral y sont encore fortement ancrées et les familles nombreuses constituent la norme. Malgré l’histoire millénaire de Touva, la majorité des Russes connaissent surtout la république comme étant la patrie d’origine de Sergueï Choïgou, le ministre de la défense, et le lieu où Vladimir Poutine a pêché un brochet. Kyzyl, la capitale, reste difficilement accessible – elle n’est desservie par aucune ligne de chemin de fer et, jusqu’il y a peu, on ne pouvait la rejoindre en avion que depuis Krasnoïarsk. En mars dernier, la compagnie aérienne russe Taimyr a lancé une liaison Novossibirsk-Kyzyl-Irkoutsk grâce à des subventions fédérales. Un journaliste de Sib.fm a pris l’un des premiers vols pour Kyzyl, afin de comprendre pourquoi l’État russe encourage les Sibériens à se rendre dans la république de Touva, et ce qui peut bien les y attirer.

Vols subventionnés

Subventionner tel ou tel trajet aérien revient, pour l’État, à payer au passager une partie de son billet d’avion – c’est la méthode qu’a choisi la Russie pour développer ses liaisons aériennes régionales. L’arrêté gouvernemental instaurant ce programme, en vigueur jusqu’en 2018, a été promulgué en 2013, et, dès 2014, l’État russe y allouait plus de 3 milliards de roubles (environ 55 millions d’euros).

Ces subventions sont destinées aux vols intérieurs recensant moins de 8 000 passagers par an. On tient en outre compte de l’accessibilité de la région. Aujourd’hui, huit destinations sont subventionnées depuis l’aéroport de Novossibirsk-Tolmachevo, dont Strejevoï, la ville des pétroliers, en région de Tomsk, et Irkoutsk, avec une escale à Kyzyl. La voie ferrée s’arrêtant à 300 km de Kyzyl et le réseau routier étant peu développé, l’avion est tout simplement le seul moyen de rejoindre la ville.

Le vol Novossibirsk-Kyzyl ne coûte désormais plus que 3 500 roubles (65 euros).

« Avant, on ne pouvait atteindre Kyzyl que depuis Krasnoïarsk – le trajet prenait environ une journée et coûtait plus de 11 000 roubles (environ 200 euros) », se souvient Tatiana Rymar, directrice du marketing aérien de l’aéroport de Novossibirsk-Tolmachevo. Avec ce programme de subventions, le vol Novossibirsk-Kyzyl ne coûte désormais plus que 3 500 roubles (65 euros).

Toutes les places sur ce vol en partance pour la capitale de Touva – le deuxième depuis l’ouverture de la ligne – sont occupées. J’interroge certains passagers sur leur destination et la raison de leur voyage.

Andreï vient de Moscou et va à Touva pour pêcher – voilà 15 ans qu’il s’y rend au printemps et à l’automne : « Il n’y a pas de vol direct Moscou-Touva et, avant, on était obligé de faire escale à Krasnoïarsk. Cette nouvelle liaison est une très bonne chose. »

Alexandre vit à Irkoutsk et travaille pour la compagnie Transneft. Dans le cadre de missions, il doit souvent aller à Tomsk en faisant escale à Novossibirsk. Pour lui, ce nouveau trajet est très pratique pour les voyages d’affaires de Novossibirsk à Irkoutsk – c’est du temps et de l’argent gagnés. […]

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Maïlis Destrée

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Biriouliovo,
cinq ans après les émeutes

Situé au sud de Moscou, le quartier de Biriouliovo est l’un des plus défavorisés de la capitale. En octobre 2013, le quartier a été secoué par des émeutes xénophobes, retransmises sur toutes les chaînes de télévision. Cinq ans après, Nikita Aronov est revenu sur les lieux pour la revue en ligne Moskvich Mag. Extraits.Le métro ne va pas à Biriouliovo. À partir de la station Oulitsa Akademika Ianguelia, située presque au terminus de la ligne grise, il faut encore marcher un kilomètre et demi jusqu’à la gare de Krasny Stroïtel, passer le pont et le guichet abandonné couverts de petites annonces – majoritairement des publicités pour des chaînes Telegram de revendeurs de drogue – et vous voici enfin arrivé.D’abord la zone industrielle. À droite, d’anciens entrepôts de légumes couverts de bâches en plastique jaune et bleu ; à gauche, les fumées de la centrale électrique s’élèvent vers le ciel. L’endroit sert de dépôt (ou de rebut) pour les camionnettes des services communaux. Une annonce peinte à même la palissade propose une petite maison à vendre près de Krasnodar (dans le sud de la Russie) : les habitants du quartier ayant pratiquement délaissé la zone, celle-ci emploie majoritairement des « provinciaux ».«  Seuls les immigrés acceptent les logements délabrés. Ils se mettent à plusieurs pour le loyer et emménagent ensemble. »Les habitations commencent à partir de l’allée Vostriakovski, constituée d’une série de cours identiques, séparées les unes des autres par des immeubles de huit étages. C’est ici qu’Egor Chtcherbakov, un habitant du quartier âgé de vingt-cinq ans, a été tué par un ressortissant azerbaïdjanais en octobre 2013. Ce meurtre avait été le point de départ d’émeutes parfois violentes [plusieurs milliers de manifestants plus ou moins pacifiques étaient descendus dans les rues, scandant des slogans tels que « la Russie aux Russes » et demandant des comptes aux autorités locales pour la montée de l’insécurité dans le quartier, ndlr].« Les événements de 2013 ? Quels événements de 2013 ? » feignent de s’interroger des jeunes du coin assis sous un porche, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 février 2019
Société

Vivre aux Kouriles et devenir Japonais

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est attendu mardi 22 janvier à Moscou, pour une série d’entretiens cruciaux avec le président Vladimir Poutine sur les relations entre leurs deux pays. Au début du mois, le Japon et la Russie – qui n’ont pas signé de traité de paix à l’issue de la Seconde Guerre mondiale – ont entamé des négociations à ce sujet. Le sort des îles Kouriles du Sud, annexées par l’URSS en août 1945 et dont la souveraineté est revendiquée par Tokyo, en est la clef. Anticipant un hypothétique transfert, des Russes chercheraient à s’y installer afin, espèrent-ils, de devenir sujets de l’Empereur du Japon…« Cherche maison ou datcha en vente »… « Achète enregistrement de lieu de domiciliation. Budget : 50 000 roubles [660 euros] »… « Accepte parcelle ou logement gratuits (sic) à Chikotan [une des quatre Kouriles du Sud, ndlr] »… Sur la page consacrée à l’île sur VKontakte (le Facebook russe), les petites annonces de ce genre se comptent par dizaines. Les premières remontent à la déclaration du président russe Vladimir Poutine et du Premier ministre japonais Shinzo Abe, datant de novembre 2018, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 janvier 2019
Société

Les supporters, un défi pour les commerces et les restaurants de Moscou

Avec l’arrivée des fans de foot étrangers, les établissements du centre de Moscou sont l’objet de tournées d’inspection du Rospotrebnadzor, l’agence fédérale des services sanitaires. L’afflux extraordinaire de touristes entraîne un manque d’effectifs et des difficultés dans l’approvisionnement des restaurants, tandis que les supporters ont le plus grand mal à se faire comprendre du personnel russe. Malgré tout, restaurants, boutiques de souvenirs et magasins d’alimentation gagnent des sommes rondelettes. Nikita Kamitdinov, journaliste pour la revue d’affaires Inc., a interrogé les commerçants du centre-ville sur les difficultés occasionnées par ce déferlement de touristes. Le centre de Moscou, en particulier la rue Nikolskaïa, est saisie par la fièvre footballistique. On y entend à chaque instant des cris dans différentes langues (surtout en espagnol), de la musique et des conversations en mauvais anglais. Malgré la barrière linguistique, les supporters venus des quatre coins du monde n’hésitent pas à fraterniser et à se prendre en photo. Leurs clichés inondent les réseaux sociaux depuis plus deux semaines maintenant. Un Mexicain portant une petite queue de cheval et une épaisse barbe soigneusement entretenue tient dans sa main une bière « Tri Medvedia » [Les Trois Ours]. Il en boit une gorgée, regarde attentivement la bouteille et la photographie avec son téléphone. La bière étant le principal attribut des supporters, les patrons de tous les établissements de restauration se creusent les méninges pour en tirer le plus d’argent possible. « Dans leur enthousiasme, les supporters sont capables de causer des dégâts partout, et pas seulement dans les cafés et les restaurants. » La chaîne de restauration rapide KFC sert, par exemple, de la bière pression directement sur sa terrasse. Aujourd’hui, la queue, qui compte déjà une vingtaine de personnes, ne fait que s’allonger. Une pinte coûte 142 roubles (1,94 euro). « C’est gratuit, non ? Alors, qui en veut ? J’en achète trois ! » propose un homme portant un immense drapeau de la Russie. Des jeunes filles refusent en souriant l’offre généreuse. Les tables de la petite terrasse du restaurant Teremok sont jonchées de gobelets de bière en plastique. Pas de nourriture. Bien que les supporters aient déjà réussi à casser deux tables et à voler un pot de fleurs, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2018
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