Norilsk : Nord paradis

280 jours de grands froids, 130 de tempêtes de neige et 45 de nuit polaire par an : tout ça, c’est Norilsk. Elle est la plus peuplée des villes septentrionales – 170 000 habitants – et la plus froide du monde. Ici, l’hiver dure de septembre à mai, et en été, la température ne dépasse pas les 10 degrés. Malgré ces conditions climatiques extrêmes, de nombreux habitants de Norilsk aiment leur ville et ne veulent pas la quitter. C’est le cas du couple de chercheurs Stas et Larissa Strioutchkov, qui vivent à Norilsk depuis de longues années. Pour mettre en valeur le patrimoine de leur région, ils ont lancé la maison d’édition Apeks, qui publie des livres sur l’Arctique et ses populations autochtones. Les Strioutchkov ont expliqué à la revue en ligne Siburbia.ru en quoi vivre à Norilsk peut être plus intéressant qu’à Saint-Pétersbourg. Récit à la première personne.Larissa : Pour nous, la Sibérie ce n’est pas le Nord mais le Sud. Le Nord, c’est nous.Stas : Effectivement. Pour nous, la Sibérie, c’est une destination de vacances. Nous y allons en été, pour faire du kayak.Larissa : Mais c’est ici, dans le Nord, que nous voulons vivre. Il y a énormément de mythes et de clichés sur Norilsk. Je me demande d’où ils viennent. Le pouvoir soviétique, d’abord, a dû très largement contribuer à leur apparition : on cachait beaucoup de choses aux gens à l’époque, le Goulag, par exemple. Et on leur racontait de purs mensonges, aussi. On disait notamment que c’est le pouvoir soviétique qui avait rendu le Grand Nord habitable,  mais c’est faux : on recense les premiers villages russes sur ce territoire dès la fin du XVe siècle. Ensuite, au début de la perestroïka, on s’est aussi mis à raconter dans la presse des bêtises horrifiantes sur Norilsk, et dénigrer la ville à tout va. Ce flot d’informations négatives va toujours bon train, d’ailleurs.
Il fallait passer un concours pour venir travailler à Norilsk !
Stas : C’est parfaitement vrai. En septembre dernier, nous avons participé comme chaque année au Salon du livre de Krasnoïarsk, et il y avait une exposition photo sur Norilsk. C’était affreusement moche ! Le photographe [Alexandre Gronski, ndlr] avait immortalisé toutes nos poubelles ! J’aurais voulu le rencontrer, lui demander pourquoi il avait fait ça, mais je n’ai pas pu le trouver sur le salon, il n’était pas là. En désespoir de cause, j’ai commencé à expliquer à tous les visiteurs que ce qu’ils voyaient sur les photos, ce n’était pas la vraie Norilsk. Je disais : Regardez, derrière ces poubelles, vous apercevez un bout de la place d’Octobre. C’est un chef-d’œuvre d’architecture, vous savez, elle a remporté plusieurs concours, c’est une carte de visite de notre ville… Je ne sais pas pourquoi le photographe ne s’est pas intéressé à ces belles choses. Dans une interview,

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Traduit par Inna Doulkina

Dernières nouvelles de la Russie

Arythmie : à voir pendant la Semaine du cinéma russe à Paris

La Semaine du cinéma russe vient d’ouvrir à Paris. Si vous n’aviez qu’un film à voir, optez pour Arythmie de Boris Khlebnikov.

 

9 novembre 2017

Que reste-t-il de 1917 ?

Le centenaire de la révolution, en Russie, est tout sauf une grande fête. Le temps des parades et des festivités collectives est révolu.

 

7 novembre 2017

« Notre mission est la promotion de la littérature russe à l’étranger »

Plus de 40 œuvres d'auteurs russes ont été publiées en français grâce à l’Institut de la traduction. Le directeur explique ce projet.

 

31 octobre 2017