Un paï-sartchine près de Minousinsk, en Khakassie. Crédits: Vladimir Smirnov / TASS

Khakassie, terre des chamanes

La Khakassie se situe au sud de la Sibérie. C’est un petit pays perdu quelque part entre les monts de Saïan et de l’Altaï. Ici, comme il y a mille ans, les habitants honorent les esprits de l’eau et de la montagne, et aucun événement important ne se déroule sans la participation d’un chamane.En sortant de l’aéroport d’Abakan, capitale de la république de Khakassie, vous avez face à vous un pilier avec des cordes. Sur chacune d’elles, des milliers de rubans accrochés flottent au vent. « C’est un paï-sartchine, explique Léonid Gorbatov : un endroit où tout nouvel arrivant peut attacher un ruban et saluer les esprits qui sont maîtres de cette terre. » C’est sur une proposition de Léonid et à la demande du directeur de l’aéroport que le pilier a été installé, il y a deux ans. Léonid insiste : le paï-sartchine n’est pas là pour divertir les touristes. « C’est un axe du monde, c’est là que tout commence et tout finit. Tu viens en Khakassie, et c’est une nouvelle histoire de ta vie qui commence. Et ici même, elle prendra fin. »Léonid est né en Khakassie, dans le village de Syri, éloigné de toutes les grandes villes. Pendant longtemps, le garçon a pensé que le monde se limitait à son village. Dans sa famille, le chamanisme était une pratique courante et n’étonnait personne. Sa grand-mère était chamane : elle aidait les femmes à accoucher, savait soigner les maux de tête. C’est elle qui a prédit que son petit-fils serait chamane, lui aussi. « Ma grand-mère disait que beaucoup de gens viendraient me voir et me demanderaient de les aider, et qu’ils me respecteraient comme Lénine », raconte Léonid, dans un sourire.Petit, Léonid était, à l’en croire, un garçon « parfaitement normal » et « sans histoires ». Pourtant, il lui arrivait, en route pour l’école, de rebrousser brusquement chemin : sans pouvoir l’expliquer, le garçon savait que le professeur était malade et que le cours serait annulé. Et puis, un jour, le petit Léonid a assisté à l’enterrement du voisin Tolia. Au cours de la cérémonie, les gens du village ont vu, à un moment, un petit tourbillon s’élever dans les airs. Léonid a regardé dans la même direction et a vu Tolia sortir de son cercueil, se diriger vers la rivière, y boire, puis partir vers les montagnes. Quand le garçon a expliqué à tout le monde que le défunt Tolia se promenait dans le village,

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Inna Doulkina

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