Le Courrier de Russie

Sourgout, une ville où il fait bon vivre ?

La rue de Sourgout. L'immeuble de Gazprom. Crédits : cache.photosight.ru

Des températures qui descendent à -40°C en hiver, des invasions de moucherons en été, la nature austère du Nord… : bienvenue à Sourgout – la ville « la plus agréable à vivre de Russie », selon une étude publiée par l’institut pétersbourgeois de planification territoriale Urbanika.

En hiver, Sourgout blesse les yeux par sa blancheur. Trottoirs, cours et pelouses sont couverts de neige ; des bancs enfouis dans les congères, on ne voit plus que le dossier.

À Sourgout, le froid dure neuf mois : il n’y a ni printemps, ni automne, et aux hivers à -40°C succèdent les brefs étés du Nord. La neige peut tomber jusqu’en juin, et, même en juillet, mieux vaut ne pas sortir sans gants.

Être piéton peut s’avérer risqué à Sourgout, qui, en nombre d’automobiles par habitant, ne le cède qu’à Vladivostok, Moscou se classant loin derrière. Il suffit de 30 minutes de voiture pour traverser la ville de part en part, bien que les habitants n’en aient pas réellement la nécessité – ils peuvent satisfaire tous leurs besoins vitaux à proximité de chez eux. Ici, tous les nouveaux quartiers se ressemblent : un cercle d’immeubles avec une école maternelle au centre et, au rez-de-chaussée de chaque immeuble, une superette, un salon de coiffure et une salle d’activités pour les enfants.

Le niveau de vie élevé de cette ville pétrolière en attire beaucoup, et la population s’accroît rapidement, Sourgout accueillant des gens venus de l’Altaï, d’Omsk, de Novossibirsk et même de Moscou.

C’est la ville russe qui compte le plus de surfaces commerciales. Les sociétés Leroy Merlin et Metro Cash & Carry y ont toutes deux annoncé récemment de prochaines ouvertures. La situation est toutefois paradoxale : les nouvelles enseignes débarquent mais il n’y a personne pour y travailler. « Qui va aller se tenir derrière une caisse pour 20 000 roubles alors que le salaire moyen à Sourgout atteint presque les 70 000 roubles ?! », interroge, perplexe, Vladimir Bolotov, le président de la Chambre municipale de commerce et d’industrie. Les chaînes de magasins devront par conséquent faire venir leur personnel d’autres régions de Russie et de CEI.

La ville pétrolière a toujours été épargnée par les crises. « En 2008, nos chiffres se sont effondrés à Ekaterinbourg, Tcheliabinsk et Kourgan, mais à Sourgout, c’est comme si rien ne s’était passé », se souvient Pavel Ougolkov, directeur général du réseau de cinémas et restaurants Interkino. […]