Le Courrier de Russie

Des bénévoles font renaître des églises et leurs villages

Crédits : Obchee Delo

À l’abandon, promises à une destruction certaine, les plus de 600 églises en bois du Nord russe retrouvent aujourd’hui, peu à peu, leur majesté ancienne. Grâce aux efforts du prêtre Alexeï Iakovlev et des centaines de bénévoles qui font vivre le vaste projet Obchee Delo ( « Cause commune ») de reconstruction du patrimoine orthodoxe en bois, les ruines redeviennent des œuvres d’art architectural, et la vie revient dans les nombreux villages dépeuplés du pays. Le prêtre s’explique pour Lenta.ru.

Lenta : Comment vous êtes-vous lancé dans le recensement et la restauration des églises orthodoxes abandonnées ? Qu’est-ce qui vous y a poussé ?

Alexeï Iakovlev : En 2008, dans le village de Vorzogory, dans la région d’Arkhanguelsk, un homme – simplement quelqu’un qui n’était pas indifférent – a décidé, seul et sur ses fonds personnels, de refaire la couverture d’un clocher abandonné. Au départ, nous l’avons aidé financièrement, pour l’achat des matériaux, puis, peu à peu, nous avons réuni des gens – à commencer par des proches et des connaissances –, qui ont poursuivi ce travail à ses côtés.

L’architecture russe en bois est un phénomène unique dans la culture mondiale. Et ce serait vraiment dommage qu’il ne parvienne pas jusqu’à nos enfants. Le bois est plus fragile que la pierre, il s’abîme plus facilement. Dans le même temps, il exige moins de moyens pour être réparé et entretenu. Nous avons exporté cette expérience positive de Vorzogory vers d’autres églises et chapelles en bois. Et aujourd’hui, 127 de ces constructions ont déjà été restaurées, et 300 autres, recensées, le seront bientôt.

Lenta : Qu’est-ce qui rend ces églises en bois si particulières ?

A. I. : Alors que les églises de pierre étaient bâties selon des modèles préexistants, les constructions de bois n’étaient dictées que par le chant de l’âme du peuple – les charpentiers ne suivaient que leur sens personnel de la mesure et leur idée du beau. […]