Vyborg : le seigneur de la tour

Ivan Perchine, 18 ans, est devenu le gardien officiel du clocher médiéval de Vyborg, après en avoir réparé l’horloge, seul et de sa propre initiative. Le Courrier de Russie a rencontré le jeune artisan.

La tour de l’horloge, haute de 25 mètres, fait partie intégrante du paysage de Vyborg, cette ville de 80 000 habitants située à 135 km de Saint-Pétersbourg, tout près de la frontière russo-finlandaise.

Le clocher est visible d’à peu près partout en ville, et l’on découvre depuis son sommet un panorama spectaculaire sur la baie de Vyborg, son île et son château. À l’époque suédoise (voir encadré), la tour, édifiée en 1494, servait de clocher à la cathédrale de la ville.

Reconstruite après l’incendie qui a ravagé la ville en 1753, la tour a alors été dotée d’une horloge et d’une nouvelle cloche, apportées directement de Stockholm. Depuis la dernière restauration – à l’époque soviétique, en 1979 –, le clocher semblait oublié : il se dressait, inoccupé, visité seulement de temps à autre à l’occasion d’excursions tout à fait illégales, organisées par des enthousiastes locaux. Toutes ces années d’abandon n’ont arrangé ni le toit, de plus en plus percé, ni les revêtements intérieurs en bois, qui pourrissaient peu à peu. Mais le clocher continuait pourtant à sonner fidèlement les heures – jusqu’en 2014, année où l’horloge s’est arrêtée, et qu’il ne s’est plus trouvé personne pour la réparer.

La voix de la ville

Jusque récemment – et depuis près de 40 ans –, c’est Iouri Vdovine, habitant d’une maison voisine, qui se chargeait de veiller bénévolement sur le clocher de Vyborg. Mais l’homme, aujourd’hui âgé de 70 ans, ne peut plus assumer les fonctions de gardien de la tour : son état de santé l’empêche de monter au sommet afin de remonter l’horloge. Il vit toujours à proximité, pourtant – et il nous accueille sur le seuil de sa maison, allumant une cigarette sans filtre. « Surtout, là-haut, il ne faut pas fumer, entame-t-il, pointant le clocher du doigt. Vous imaginez : les touristes viennent, ils laissent des saletés, ils fument, jettent leurs mégots – et hop, tout brûle ! »

Le clocher de Vyborg a effectivement subi de nombreux incendies.

En 2014, les autorités de la région ont lancé des travaux de restauration de la tour, encerclant l’édifice d’un échafaudage. Mais à en croire Vladimir Tsoï, le directeur du musée de la ville, en charge de la protection de ses monuments historiques, ce chantier n’a pas été mené correctement : l’équipe de restaurateurs n’a pas réparé les fuites dans la toiture, et le clocher a continué à s’abîmer.

C’est là qu’Ivan Perchine, alors âgé de 16 ans, […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017
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