Un groupe de touristes japonais se fait prendre en photo devant le pont de la Corne d'or à Vladivostok. Crédits : Ria Novosti

Vladivostok, c’est trop loin pour une simple province

Vassili Avtchenko, journaliste et écrivain, vit à Vladivostok et consacre à la ville ses essais et romans. Rencontre. Le Courrier de Russie : Comment vous êtes-vous retrouvé à Vladivostok ? Vassili Avtchenko : Je suis né en 1980 dans la région d’Irkoutsk, en Sibérie. C’était un moment où ma mère était en vacances chez ses parents, alors qu’elle travaillait, depuis plusieurs années déjà, à l’Institut de géologie de Vladivostok. Elle a accouché de moi, puis nous sommes repartis ensemble. Je suis sibérien du côté maternel, mais vladivostokois de quatrième génération du côté paternel. Le père de mon père venait de Smolensk. Il a fait la guerre russo-japonaise de 1904-1905 avant de s’installer dans la région du Primorié.LCDR : Quels sont vos souvenirs d’enfance ?V.A. : Je me souviens des crabes gigantesques qu’on achetait pour trois fois rien et que mes parents faisaient cuire dans un seau. Aujourd’hui, c’est une gourmandise onéreuse ! À Vladivostok, la mer regorge d’oursins, de moules et d’huîtres, mais personne n’en mange. Les gens ne considèrent pas ces fruits de mer comme une nourriture digne de ce nom… Il y a bien quelques restaurants qui essaient d’introduire des huîtres dans leurs menus, mais l’habitude d’en consommer n’est pas encore prise.
San Francisco, ça ressemble beaucoup à Vladivostok.
LCDR : Racontez-nous Vladivostok.V.A. : Aujourd’hui, c’est une ville très moderne, très ouverte. Récemment, je suis allé à San Francisco et je me suis dit : « Tiens, ça ressemble beaucoup à Vladivostok. » Alors que dans les années 1980, Vladivostok était une cité fermée : elle abritait une base militaire très importante. Même les citoyens soviétiques devaient être autorisés à s’y rendre. Et pour un étranger, il était totalement impensable d’y accéder. Une exception de taille a toutefois été faite pour la rencontre de Léonid Brejnev avec le président américain Gerald Ford,

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Rusina Shikhatova

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