Kamtchatka. Crédits : Julien Brisseau

Le jour où le Kamtchatka défiera l’Afrique noire

Quel avenir touristique pour la Russie au Kamtchatka ? Reportage du magazine Ogoniok.

Dans le secteur du tourisme, c’est la mi-saison : le passage de l’été et des semaines « veloutées » à l’hiver. Si l’on en croit les statistiques officielles, l’industrie touristique de la Fédération de Russie connaît une ascension : le volume du seul flux touristique intérieur est de presque 50 millions, celui des étrangers – de 2,5 millions. Mais un autre chiffre a également son importance : dans le revenu mondial du tourisme, la part de la Russie ne représente qu’un pour cent. Et une grande partie des touristes ne se rend qu’à Moscou.

« Et d’où soudain le Kamchatka ? », se sont demandé mes connaissances globe-trotters, bien que tous sachent, même par ouï-dire, combien la région est belle. Effectivement, c’est loin, et cher (quoique pas non plus plus cher que le Japon ou Cuba). Et c’est un peu effrayant…

Pourtant nous allons bel et bien au Kamchatka avec un ami allemand. Il est amateur d’exotisme, surtout africain – safari, cascades, migrations des animaux sauvages… Mais l’exotisme, c’est une chose, et l’inconfort en est une autre. En Afrique nous aurions trouvé sans peine des tentes avec douches et peignoirs propres, et des tours individuels dans la savane avec guide armé en cas de proche contact avec un lion ou un rhinocéros. Y a-t-il seulement l’équivalent au Kamtchatka ?

« Dites un merci spécial… »

Le district le plus populaire de la presqu'île, disons, balnéaire, c’est Paratounka. Proche de l’aéroport, de nombreux hôtels, des sources thermales. Le séjour dans ces hôtels, il faut le dire, est morne : mélange de sanatorium soviétique et de trois étoiles « plastifié » avec Internet qui ne marche pas et un menu omelettes, saucisses, rassolnik et poisson sec, trop cuit.

J’ai eu tort de penser m’être épargnée tout cela en réservant des « tours individuels » et le meilleur, comme c’était certifié, des hôtels possibles (avec bungalows deux-pièces pour les familles, bassin thermal dans le patio et maître d’hôtel hongrois qui note la veille ce que vous voulez manger). On l’a appris pendant le vol : les réservations sont annulées. « Dmitri Medvedev nous rend visite… Alors donc, mesdames-messieurs les touristes, nous vous avons trouvé un autre hôtel « plastifié », dites merci : le mois d’août, chez nous, c’est la saison haute. Et dites un merci spécial pour n’avoir pas eu le temps d’entrer dans les chambres : ça nous est parfois arrivé de devoir faire déménager les vacanciers… » Ayant dit deux fois merci,

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Traduit par Julia Breen

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